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A l’essai : Alpine A110, des sensations Pures.

L’Alpine A110 nouvelle génération est disponible depuis 2017 et enfin j’arrive à en essayer une sur une longue période.

Il est vrai que grâce à Stéphane Louvel de la concession de Mantes-le-Véxin, j’avais pu la tester sur le circuit de Dreux (lire inauguration Mantes le Vexin) et effectuer un petit tour au volant de l’A110 S. Mais j’étais resté sur ma faim, faisant naitre autant de plaisir que de frustration.

Et enfin, ça y est, me voilà avec la carte d’une A110 Pure pour 5 jours, hallelujah !

C’était la partie vis ma vie d’Alpiniste maintenant : Contact !

Je vais tout affronter avec cette A110, je me sacrifie (oui je sais quel sacerdoce) pour vous les Alpinistes. Paris, la banlieue, le périph’, l’autoroute, les parkings souterrains, les petites routes de campagne, la boue, le gel, vous saurez alors tout sur l’Alpine A110.

Alors oui ce n’est pas une nouveauté l’A110 vous l’avez deja vu en long en large et surtout en travers mais ne boudons pas notre plaisir de prendre le volant de cette belle bleue. C’est donc une A110 PURE de 2019 et 25800 km. C’est parti pour un test longue durée..

(Lire notre présentation de l’Alpine A110 Pure et Legende ici).

Tour du propriétaire.

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Welcome on board

Allez on mont descend à bord. Dieu que c’est bas. Assis dans le baquet on peut toucher le sol. Vu que contrairement à mes collègues mais néanmoins amis des Alpinistes, je m’habille en taille adulte et j’ai l’impression d’enfiler un jean slim. Certes, bien taillé mais un peu juste, on s’y sent bien mais il va falloir faire l’impasse sur le café gourmand.

Malgré un dossier non réglable la position est bonne. Le volant est bien en main, on pourrait reprocher la couture qui peut gêner au niveau du pouce mais la sensation disparait avec les kilomètres. On y trouve le réglage du régulateur, le limiteur de vitesse et le bouton Sport permettant de sélectionner les 3 modes de conduite (normal, sport et track).

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Le distillateur de bonheur.

En attendant que la machine chauffe, je fais l’inventaire des boutons disponibles et cherche à connecter mon téléphone. Et là c’est le drame.

Qu‘est ce que c’est que cette merde ?

Je ne sais pas si c’est pour jouer sur la fibre nostalgique mais en tout cas j’ai l’impression de me retrouver dans une Vel Satis Carminat. La connexion Bluetooth se fait mais je dois télécharger mes contacts… Bah non j’ai pas envie. Et pour bénéficier de la totalité des fonctionnalités offertes, je dois télécharger une application.

Bon allez on teste Alpine my spin. Une liste d’applications compatibles ridicule apparaît et pour la plupart je ne les utilise plus depuis 2007… bref… on va faire sans.

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Sérieusement? 9 applis compatibles?

Et c’est dommage, car l’installation Focal est très bonne alors que la réception des stations est vraiment à la peine sortie des agglomérations. J’aurais aimé profiter de mes playlists en roulant sans avoir à sortir un câble jack.

On continue la navigation dans les menus, beaucoup de gadgets d’infométrie qui vous amuseront deux heures max ou quand vous emmenez un ami qui découvre la voiture. Seuls les manos de température ou de pression représentent un véritable intérêt au quotidien. Et encore si on pouvait les regrouper dans un même écran ou dans le cockpit virtuel, ça serait idéal. Le chrono vous servira éventuellement lors de vos trackdays.

Pour conclure sur cet équipement je mets 5/20 pour l’effort. Vous trouverez bien mieux dans une Mégane.

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Voici vraiment le seul écran vraiment utile. C’est dommage.

Focus sur le Virtual Cockpit

XXIème siècle oblige, les compteurs à aiguilles ont laissé leur place à un “virtual cockpit” bien dans l’air du temps. Les infos sont claires, dommage que ça ne soit pas personnalisable.

En mode sport, l’affichage du couple et de la puissance c’est bien mais pareil ça amuse un temps. Au final c’est un mode qu’on utilise quand on s’amuse. Une montre ou des manos de température serait plus utile. Le mode sport agit sur la gestion du moteur, de la boîte, de l’échappement, de la pédale d’accélérateur, de l’assistance de direction. Le seuil de déclenchement de l’antipatinage est plus loin.

En mode normal, la jauge est moins lisible qu’en mode sport où l’autonomie restante est affichée. Et que dire du compteur gradué à 300km/h, la vitesse n’est pas l’apanage d’Alpine et l’A110 n’atteint pas 270Km/h même dans sa version S.

Quel est l’intérêt ? Autant gagner en précision en affichant une graduation max à 280.

Il faut admettre que c’est quand même bien foutu et je le redit ça reste lisible et c’est bien là l’essentiel. La disposition des cadrans reprend la disposition des cadrans dans l’A110 originale. Le moteur est chaud, le temoin bleu de la température à disparu du tableau de bord. On appuie sur D, le frein à main électrique se desserre, c’est parti.

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Et oui, plus de levier bienvenue au XXIème siècle. La boite Getrag s’en passe très bien.

Prise en main.

Le début de cet essai au long cours m’emmène à travers Boulogne-Billancourt du côté de la rue traversière, adresse qui rappellera des souvenirs aux anciens du CAR île-de-France.

Pour moi la période où je n’avais pas l’âge d’avoir le permis et venais aux réunions en métro. L’Alpine A110 se comporte bien, se faufilant aisément au milieu de la circulation où la moindre Twingo semble avoir une carrure d’autobus tellement la voiture est petite. L’A110 se montre souple et docile, le mode normal permet justement cette docilité. Elle se comporte comme une Clio conciliante et rassurante. Parfait pour faire connaissance. Le moteur est disponible et suffisamment coupleux pour ne pas que la boite change sans cesse de rapport.

Parlons de la boite justement, en condition urbaine elle sélectionne le bon rapport et sais se faire oublier. Je m’insère sur le périph’ et plonge vers l’A13 direction Poissy. Tunnel de Saint-Cloud, la voie se dégage, j’active le mode Sport, je descend la vitre, une légère pression sur la pédale de droite, le moteur gronde et me voilà déjà à au moins à 72km/h (😬).

Je lâche l’accélérateur et le pot me gratifie de borborygmes bien satisfaisants.

A la sortie du tunnel, je me cale à 110km/h. Le régulateur m’aide ainsi à conserver mes points alors que je remets le mode normal pour cette portion.

Du coup j’apprécie le silence sur le billard de l’A13, il est temps de déguster l’A110 façon GT. Bras gauche sur la porti… ah bah non sur rien, la fenêtre est trop haute et l’accoudoir trop bas. Tant pis.

Le soleil est bas en cette saison. Assis bien droit, j’espérais ne pas en prendre plein la tronche, je baisse la pare soleil et là un petit détail: il n’y a pas de cache sur le miroir de courtoisie et il reflète point zéro du volant. C’est perturbant.

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Y’avait pas moyen de mettre un petit masque sur le miroir?

L’ambiance thermique est bonne, la clim’ se fait oublier. La commande de radio bien connue des possesseurs de Renault est légèrement plus basse qu’habituellement afin de ne pas gêner la manipulation des palettes de changement de vitesses. Je vais essayer la commande vocale pour entrer une destination dans le GPS. Et la sensation du début des années de 2000 me revient. Je revois alors mon beau père se battre avec la reconnaissance vocale de son Nokia e90.

Je pense que l’équipe qui a conçu l’infotainment de l’A110 est une équipe infiltrée de chez Porsche dans le but de saboter tout ça. Vous me direz on est pas dans une Alpine pour la radio, mais moi quand il y a un équipement je m’en sers, et si c’est pour faire de la mer… autant ne rien mettre. Un support de smartphone intégré et une connexion Bluetooth pour les enceintes Focal auraient définitivement été plus pertinent.

Il est temps de faire un petit point. Oui, je me plains depuis le début mais en fait ça ne traduit pas mon ressenti. Je suis en train de vivre ma meilleure vie. Je suis au volant d’une Alpine bon sang ! Il va être temps de trouver des virages.

Je prends alors la direction de Chanteloup-les-Vignes et de l’Hautil lieu de la plus vieille course de cote du monde. Pas question de traverser la vieille ville dans le but de craquer le record mais l’enchainement de virages va être mon premier contact avec ce pourquoi la belle bleue est faite. Négocier des virages.

Mode Sport enclenché, boite passée en manuel c’est parti. L’Alpine ne renie pas ses gènes, telle une danseuse, elle file d’un pas léger vers le sommet de la cote au son de l’admission d’air située juste derrière la vitre de la custode. J’arrive en haut à au moins 53km/h 🤫

Ce premier contact, avec les capacités de la voiture, confirme que cet essai va être très plaisant. Direction le garage de la maison. Demain je rejoins Samuel de BAGNOLE BAGNOLE pour une séance photo dans Paris. Les pavés seront un bon test pour les suspensions et mes lombaires.

La citadine idéale?

Qui dit Paris dit bouchons et je n’y échappe pas. L’Alpine trouve sa place au milieu des banales automobiles et autres déplaçoires. Mon sourire au volant tranche avec les mines des conducteurs aussi grises que la couleur de leur voitures. Les sièges montrent leurs limites, dans ces conditions j’ai tendance à changer de position dans les bouchons par rapport à une circulation plus légère. Et le bas du dos se rappelle à mon souvenir.

Mon bout de ciel bleu roulant se fraye un chemin jusqu’à la porte Maillot et la redoutable Avenue de la Grande Armée. Cette rue est un véritable stress-test pour les suspensions tellement les pavés sont défoncés et font ressembler cette entrée sur la capitale à un champs de manœuvres de blindés. Et la petite française s’en sort bien. Les chocs sont bien amortis, ça ne tape pas et il n’y pas de bruit parasites. Franchement pour une sportive c’est plutôt confortable.

La traversée de Paris se passe agréablement, la visibilité est bonne et elle peut servir de citadine au quotidien. Et franchement ça a plus de gueule qu’une 107. Quoi le tarif? Pfff.

Je retrouve Sam et charge son matériel photo dans l’Alpine sans trop de problèmes. Au lieu de mettre son sac, on charge tout le contenu directement dans le coffre et ça tient. Un vrai studio mobile. Nous prenons la direction d’un parking pour une séance photo. Les parkings parisiens ne sont pas larges et les pentes sont marquées. Cependant aucun problème, le gabarit de l’Alpine nous permet de la placer convenablement, bien aidé il est vrai par la caméra de recul qui offre une bonne vision même dans le noir.

La reine de la route?

Il est temps de quitter la ville et de s’éloigner des embouteillages, des zones Crit’Air et des feux rouges, direction le Vexin. Aux portes de la région parisienne, c’est un secteur que j’ai beaucoup fréquenté en tant que motard. J’ai eu l’occasion de limer des pneus dans quelques portions avec des virages et une surface plus que correcte. Mode Sport ON, mais les gelées des jours précédents m’incitent à rester prudent (😬).

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Aussi à l’aise dans la cour d’un château qu’au départ d’une spéciale de rallye.

Je prends donc la direction de Lyons-la-Forêt par le chemin des écoliers. Je n’utiliserai pas un poncif tel que « karting » (les gars qui utilisent ça ne font pas de kart visiblement) mais plus d’auto-école. Je cumule à présent quelques kilomètres à bord de l’Alpine, et au fil du temps elle devient comme un prolongement de soi. Les repères viennent rapidement et sans que vous vous en rendiez compte, vous affinez vos trajectoires et retardez vos freinages. Un virage approche, vous tapez dans les freins, tournez le volant et l’arrière enroule. Vous savez intuitivement où se trouve les roues, vous ressentez dans le bassin la légère glisse des pneus arrières.

Les aides électroniques, permettent aux non pilotes tel que moi de corriger les excès d’optimisme tel un professeur bienveillant. La voiture est collée à la route sans y être fixée. Elle vous guidera, vous gardera dans les limites sécurisantes. C’est facile en fait. Et sans atteindre des vitesses délictuelles, c’est ça qui est génial. Vous n’êtes pas le plus rapide mais vous êtes celui qui a le plus grand sourire.

D’un coup, tous les reproches énoncés précédemment s’estompent, seules les sensations sont là. Je ne capte plus la radio depuis des kilomètres mais je profite de la sonorité du moteur et du pot. Le turbo siffle dans mes oreilles alors que le paysage défile. Putain quel pied.

Il y a des gens qui honnêtement pense que 252 cv c’est pas assez ? Dans quel monde vivez-vous?

À ceux là je leur dit : vous n’êtes que des lecteurs de fiche technique, des (faussement ?) blasés. Vous passez à coté des petits bonheurs. Je vous laisse avec vos Panzer de près de 2T. Le plaisir sur la route est inversement proportionnel au poids du véhicule. Bien que ce soit la réalité commerciale qui a fait renaitre la marque, c’est la passion qui a accouché de cette merveille. Dans ce bas monde, rien n’est parfait mais des fois on le touche du doigt.

Bilan.

Il est désormais temps de rendre l’A110, et ça ne va pas être simple.
J’ai parcouru pas loin de 600 kms avec une consommation située entre 5.9L et 8L. Ce qui est plus que raisonnable. Malgré l’effet de succion que la pédale de droite exerce sur mon pied dès que la route devient sinueuse. J’ai pris énormément de plaisir à bord malgré l’absence de praticité. C’est simple j’ai retrouvé des sensations que j’avais à moto (toutes proportions gardées bien sur) dans la recherche de trajectoires ou de freinages et dans l’obligation de voyager léger.

C’est une très bonne voiture pour le quotidien même si privilégierai une légende pour des sièges avec plus de réglages et c’est une excellente routière. Mais une Alpine c’est aussi plus que ça, une A110 on s’y attache et on lui pardonne ses défauts comme elle nous pardonne nos écarts de conduite.

Si vous pouvez vous le permettre, essayez là ! Signez un bon de commande vous ne le regretterez pas. L’adage dit que le bonheur ne s’achète pas, c’est faux, Alpine l’a prouvé.

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Nous tenons à remercier Jérôme Delgrange et Alpine Cars pour le prêt du véhicule.

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2 comments on “A l’essai : Alpine A110, des sensations Pures.”

  1. Bien écrit. Tout à fait d’accord. Je n’ai pas grand usage du sytème multi média, donc je ne suis pas gêné par lui. Je charge ma musique sur une carte SD, et voilà. Quand je mets la musique, le bruit du moteur et ses pétarades en décélération agrémentant mes  » voyages « .

    Cette A 110, quelle que soit la version, c’est le dernier des mohicans en matière de voiture plaisir.

    Nicolas

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