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PassionnéMans Alpine ! (1ère Partie)

Depuis 2013, la marque française Alpine a fait son retour aux 24 Heures du Mans, encore présente cette année avec sa A470 Signatech engagée en LM P 2. Retour ses débuts sur la piste mancelle.

En 1963, Alpine n’est encore qu’une petite marque artisanale qui ne fabrique qu’une centaine des voitures par an. La firme de Dieppe n’est qu’un simple client pour Renault qui lui vend des ensembles mécaniques. D’ailleurs, son PDG a refusé que le nom de Renault soit associé à celui d’Alpine sur le capot moteur.

Son créateur Jean Rédélé paye à son insu les exigences commerciales de son beau père Charles Escoffier l’un des plus gros concessionnaire Renault français. C’est certainement pourquoi en 1962, la marque René Bonnet a été choisie pour représenter Renault sur les circuits comme nous l’avons conté lors de l’histoire du Djet.

Dessinée en quelques mois

Rédélé l’a fort mal pris d’autant qu’il a décidé d’engager sa jeune marque en pleine croissance dans un programme sportif bien plus ambitieux que les rallyes. Une participation aux emblématiques 24 heures du Mans renforcerait l’image sportive d’Alpine. Il manifeste son courroux auprès de Renault qui accepte de lui prêter pour la saison 1963 des moteurs préparés par le sorcier Amédée Gordini annexé par la Régie. Rédélé se retrouve donc en concurrence frontale avec Bonnet.

Le bureau d’études du service compétition ne compte que deux employés à plein temps : Bernard Boyer qui vient de chez CD Panhard et le dessinateur Richard Bouleau issu de Saviem. Ils sont épaulés par deux consultants, l’aérodynamicien Marcel Hubert et un journaliste-pilote José Rosinski comme directeur sportif.

C’est tout !

Pour gagner du temps, le châssis du premier proto d’inspiration Lotus est dessiné par le Britannique Len Terry. A cause du brutal changement de réglementation de l’ACO, Bouleau le modifiera dans l’urgence en conservant ses côtes et les suspensions triangulées mais en remplaçant le châssis tubulaire par une poutre centrale. Le tout est habillé par une carrosserie en composite dont la maquette passée en soufflerie s’inspire beaucoup des CD Panhard 1962 sur laquelle a planché Hubert.

Avec une hauteur de 1,13 cm de haut identique à celle de la Berlinette dont elle reprend d’ailleurs le pare-brise, l’Alpine est assez volumineuse pour un prototype.

Moteur dérivé de la R8

Comme dans les Bonnet, un petit 1000 cm3 double arbre (type 55), dérivé de la R8 et délivrant autour de 95 ch, est implanté en position centrale. Il est accouplé à une boîte de vitesses Hewland à 5 rapports permettant une implantation plus basse du moteur que les Bonnet qui utilisent une transmission de série à 4 rapports

Aux essais officiels, malgré leur extrême jeunesse, les trois M63 (Mans 1963) fraichement achevées se montrent très rapides (230 km/h) pour leur faible puissance. En revanche leur tenue de cap est franchement mauvaise.

Un des pilotes avouera « Les concurrents devaient slalomer pour nous éviter sur les Hunaudières ». Las, les trois voitures vont jouer de malchance. L’une va être prise dans un carambolage qui va coûter la vie à son jeune pilote brésilien Christian Heins.

L’autre sera victime d’une rupture de moteur car son pilote Guy Verrier ne s’alarmera pas de l’allumage du voyant d’huile. Quant à la troisième, elle sera victime de son embrayage et c’est la René Bonnet qui remporte l’indice énergétique. C’est avec beaucoup d’amertume et de chagrin suite au décès du jeune Brésilien que la minuscule équipe retourne à Dieppe.

240 km/h avec la M64

Rédélé décide de continuer car sa voiture a démontré un excellent potentiel. Mieux, il élargit ses activités avec un programme monoplace. Une folie pour une équipe aussi réduite qui travaille 15 heures par jour. Bouleau à trouvé un gros « loup» dans la suspension arrière de la M63 dessinée par Len Terry qui explique en partie sa tenue de cap exécrable.

Il redessine aussi son châssis en faisant appel à un treillis tubulaire bien plus rigide et moins lourd qu’il habille d’une carrosserie plus compacte, plus basse et surtout plus étroite de 10 cm. L’équipe s’est étoffée par l’arrivée du Belge Mauro Bianchi en tant que pilote metteur et au point. Ancien pilote officiel Abarth, c’est le frère de Lucien Bianchi et le futur grand père de Jules Bianchi pilote Marussia en Formule 1. Arrivée qui provoquera le départ de Rosinski et des états d’âme à Bernard Boyer.

Boulevard Victor, Amédée Gordini ne chôme pas en extrapolant une version 1150 cm3 de son moteur. Forte de 100/105 ch, la nouvelle M64 pointe désormais son petit museau à 240 km/h. Si sa tenue de route est meilleure que la précédente, sans appuis, elle souffre toujours d’une forte instabilité aux hautes allures.

Quatre voitures sont engagées dans l’édition 1964 qui se déroule beaucoup mieux que l’année précédente ce qui n’est pas le cas de Bonnet en pleine déroute. L’Alpine M64 remporte le classement à l’indice énergétique créé pour les petites voitures. Il tient compte du rapport moyenne/poids/consommation. Arrivée 17eme au scratch, la M64 a parcouru 3920 km à 163 km/h de moyenne en consommant un peu plus de 14 litres aux 100 suivie de deux autres dont une M63 1000 cm3 et une M64 non classée. La suite bientôt ! La M63 se distinguait par une carrosserie très joufflue et relativement volumineuse donnée pour un Cx de 0,15 seulement. Guy Verrier associé à Bernard Boyer pilotaient une version étudiée pour remporter le classement à l’indice énergétique.

Hélas une belle coulée élimina la voiture bleue à une heure de l’arrivée025 Bernard Boyer fut l’un des deux pères des premières Alpine. Il quitta la marque pour l’aventure Matra avec le succès que l’on sait fin 1965.030 Amédée Gordini, dit le « sorcier » réalisait des moteurs solides mais trop conventionnels qui manquaient de puissance

  • La M64 offrait une silhouette plus compacte qui habillait un châssis tubulaire plus rigide que la poutre de la M63
  • Guy Verrier, pilote sûr et endurant pilota trois fois des Alpine au Mans

Ce jour là à Charade, Jean Rédélé enthousiasmé par la prestation de Mauro Bianchi au volant d’une Abarth, prit contact avec le Belge embauché à la fin de l’année

  • Victoire à l’indice énergétique en 1964 pour la M64 1150 cm3 de Roger de la Geneste, un bon pilote d’endurance associé à Henry Morrogh qui était un moniteur de pilotage à Magny Cours
  • Fin 1964, le grand Fiangio découvrait la M64.
Les catégoriesActualité, Alpine, Héritage
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