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Il y a des journées qui ne vieillissent pas. Le 16 février 2016 en fait partie.
Dix ans ont passé — ou presque — et pourtant, si je ferme les yeux, je revois chaque détail. Nous ne nous appelions pas encore les Alpinistes. Nous étions Alpine Planet, une bande de passionnés un peu fous, nourris aux récits de Monte-Carlo et aux photos jaunies de berlinettes en appui sur la neige.
Ce matin-là, Alpine ne lançait pas qu’une voiture. Elle revenait à la vie.
Monaco : le frisson avant le battement de cœur
Sur le quai Albert Ier, à Monaco, l’Alpine Vision attendait sous les lumières. L’air était doux, mais l’atmosphère électrique. On croisait des visages tendus, des regards humides, des anciens qui ne disaient pas grand-chose — parce que parfois, les mots abîment l’instant.
Quand la housse est tombée, il y a eu un silence. Un vrai.
Puis une respiration et une émotion collective.







Ce n’était pas un exercice de style néo-rétro. Ce n’était pas un gadget marketing. C’était une berlinette moderne. Compacte, nerveuse, posée sur ses hanches comme prête à bondir. Les quatre optiques évoquaient l’Alpine A110 originelle, mais le reste parlait d’avenir : moteur central arrière, obsession du poids, aérodynamique sans artifices.
À quelques mètres de là, on apercevait des silhouettes clés du projet.


Derrière cette renaissance, il y avait une chaîne humaine soudée par la passion : les AAA – l’Association des Anciens d’Alpine, gardiens de la mémoire vivante, Bernard Ollivier en chef d’orchestre déterminé, Antony Villain façonnant une berlinette moderne sans trahir la lignée, Terry Baillon tissant le récit et l’émotion autour du projet, Jean-Pascal Dauce à la tête de l’ingénierie, mais aussi les équipes de Dieppe, les designers, les motoristes, les pilotes historiques et tous ces anonymes qui, dans l’ombre, ont cru qu’Alpine méritait une seconde vie.
À cette époque, le groupe Renault vivait encore sous l’ère Carlos Ghosn. Relancer Alpine relevait presque du pari irrationnel. Mais c’est précisément ce qui rendait la scène irréelle : au milieu des logiques industrielles mondialisées, on parlait passion, équilibre, sensations.
On parlait d’âme.


















90 Berlinettes. Le Turini. Et nous au milieu.
Mais la vraie déflagration émotionnelle nous attendait plus haut.
Près de 90 Alpine A110 historiques, alignées comme une armée bleue. Du Bleu de France à perte de vue. Les propriétaires, sélectionnés avec soin, avaient accepté d’embarquer journalistes, VIP et passionnés pour une montée vers le mythe : le Col de Turini.
On ne “participait” pas à l’événement. On le vivait.
Les moteurs claquaient dans l’air froid. Les Weber respiraient court. La route était sèche, le ciel limpide, la neige tapissait les bas-côtés dans les derniers kilomètres — comme un décor préparé par les dieux du rallye.












À chaque épingle, on sentait la température chuter.
À chaque relance, on sentait le train arrière vouloir s’exprimer.
À chaque regard échangé entre pilote et copilote, on comprenait que quelque chose d’unique était en train de se produire.
Ce n’était pas une parade. C’était un hommage en mouvement.
On roulait sur les traces du Rallye de Monte-Carlo, là où les Berlinettes ont écrit certaines des plus belles pages du sport automobile français. Les fantômes de Bernard Darniche et de Jean Vinatier semblaient encore habiter les murs de neige.
Et nous, modestement, nous étions là. Témoins privilégiés d’un passage de relais.








L’Hôtel des Trois Vallées : le poids des symboles
L’arrivée à l’Hôtel des Trois Vallées fut presque solennelle. Ce lieu n’est pas un simple hôtel : c’est une balise historique du Monte-Carlo.
Quand Bernard Ollivier prit la parole, le ton n’était ni corporate ni triomphant. Il y avait de la gravité. De la reconnaissance. Une conscience aiguë du poids de l’héritage.







Autour de lui, des pilotes de légende. Des ingénieurs. Des passionnés.
Et cette plaque commémorative dévoilée comme pour sceller l’instant dans le granit.
On se regardait un peu en silence.
On savait.
Une journée d’une autre époque avec Alpine
Avec le recul, cette journée appartient à un monde presque révolu.
Celui d’avant les bouleversements industriels, d’avant les révolutions électriques, d’avant que le mot “transition” ne devienne omniprésent.

En février 2016, Alpine renaissait dans un équilibre fragile mais sincère : mêler héritage et vision d’avenir. Respecter la mémoire sans la figer. Oser croire qu’une marque née dans les années 1950 pouvait encore émouvoir au XXIe siècle.
Nous étions Alpine Planet. Pas encore les Alpinistes.
Mais ce jour-là, dans les lacets du Turini, entre les respirations rauques des 1600 S et la lumière rasante sur la neige, nous avons compris une chose essentielle :
Alpine n’était pas simplement de retour.
Elle nous avait repris le cœur.
Notre article originelle de l’époque :
Source : Renault




En effet, c’est l’histoire mais quelle histoire magnifique faites de passion et comme aime à le répéter Jackie Ickx les victoires sont le fruit d’équipes pas que de pilotes dont le public retient les noms. Pour moi Alpine est une équipe, je m’y sent bien. Merci aux Alpinistes…
Magnifiques Alpine et la 1600 SC ma préférée Elles sont toutes belles et celles avec des plaques de l époque tout simplement fabuleux Merci aux propriétaires pour ce maintien de cet extraordinaire patrimoine Français D en faire profiter l amoureux de la marque que je suis depuis toujours Un beau reportage avec de jolies photos encore Merci