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Le dimanche 26 avril 2026, Buenos Aires n’a pas simplement accueilli une démonstration de Formule 1 avec son pilote favori Franco Colapinto. La ville a retrouvé une sensation qu’elle croyait perdue.
Dans Palermo, autour du Monumento de los Españoles, les avenues habituellement saturées de circulation ont changé de rôle. L’Avenida del Libertador et l’Avenida Sarmiento ont été fermées pour devenir un ruban d’asphalte de deux kilomètres réservé à une monoplace et à une foule immense.
Dès le matin, quelque chose d’inhabituel se lisait dans l’atmosphère. Des familles entières arrivaient tôt, certains avec des drapeaux, d’autres avec des chaises pliantes, parfois simplement avec l’idée de voir une Formule 1 de près au moins une fois dans leur vie. Beaucoup racontaient n’avoir jamais entendu une monoplace autrement qu’à travers un écran.
L’Argentine n’a plus accueilli de Grand Prix depuis 1998. Pourtant, dans les conversations autour des barrières, le sujet revenait sans cesse. Fangio, Reutemann, l’Autódromo Oscar y Juan Gálvez, les années où la course faisait partie du paysage sportif national. Ce Road Show n’a donc pas seulement servi à promouvoir une équipe ou un sponsor. Il a reconnecté plusieurs générations autour d’une même mémoire automobile.
Franco Colapinto : sur les terres du pilote Argentin
Les chiffres donnent une idée de l’ampleur, mais ils ne racontent pas vraiment ce qu’il s’est passé. Environ 600 000 personnes se sont massées autour du tracé selon les estimations les plus souvent reprises. Certaines sources parlent de 500 000, d’autres montent plus haut. Peu importe finalement : l’impression sur place dépassait les statistiques.
À plusieurs endroits, il devenait difficile de distinguer où commençait réellement le circuit et où finissait la foule. Les trottoirs étaient pleins, les balcons occupés, certains spectateurs observaient depuis les arbres ou les toits des abribus.




Ce qui frappait surtout, c’était le mélange des publics. Des passionnés, des retraités racontant leurs souvenirs de Fangio, des adolescents portant des casquettes Alpine et des enfants qui découvraient pour la première fois le son d’une Formule 1.
La Fan Zone, les stands et les animations existaient bien sûr, mais ils semblaient presque secondaires. L’événement prenait une autre dimension : celle d’une ville entière tournée vers un même moment.
Une Lotus E20 pour réveiller l’ère des V8 atmosphériques
Le choix de la voiture principale disait beaucoup de l’intention d’Alpine. Plutôt qu’une monoplace moderne silencieuse et bridée pour l’exercice, l’équipe avait sorti la Lotus E20 de 2012.
Cette voiture appartient à une époque encore très appréciée des passionnés. Son V8 Renault atmosphérique de 2,4 litres développe environ 750 chevaux et surtout une signature sonore devenue rare dans la Formule 1 contemporaine.





Quand Franco Colapinto prend la piste vers 12 h 45, le bruit surprend presque autant que la vitesse. Le moteur rebondit contre les immeubles de Palermo et provoque une réaction immédiate. Les téléphones se lèvent, mais beaucoup baissent rapidement leurs écrans pour regarder directement.
Colapinto ne roule pas comme s’il devait simplement cocher une case marketing. Il provoque l’arrière-train, déclenche des donuts, laisse les pneus se consumer davantage que prévu. À chaque passage, la confiance augmente. La voiture glisse plus franchement, la fumée envahit certaines portions du tracé et la foule répond comme dans un stade.
On sent rapidement que le pilote profite du moment autant que le public.
L’hommage à Fangio avec la Mercedes-Benz W196
Vers 14 heures, le ton change complètement avec l’apparition d’une réplique de la Mercedes-Benz W196, la « Flecha de Plata » associée à Juan Manuel Fangio.
L’effet produit n’est pas le même que celui de la Lotus. Le bruit devient secondaire. Ce qui domine ici, c’est la symbolique.

Fangio reste une figure presque intouchable en Argentine. Le voir évoqué au cœur de Buenos Aires, à travers une voiture aussi immédiatement identifiable, donne une profondeur particulière à la démonstration.
Colapinto porte une réplique du casque du quintuple champion du monde et prend son temps. Il ralentit, observe les spectateurs, puis descend de la voiture pour saluer les gens derrière les barrières.
Pendant quelques minutes, l’événement cesse d’être une démonstration mécanique. Il devient un passage de témoin implicite entre deux époques.
Le retour d’un enfant de Pilar devenu pilote Alpine
Franco Colapinto n’est pas seulement le pilote principal de cette démonstration. Il représente aussi une génération de passionnés argentins qui ont grandi sans Grand Prix national.
Né à Pilar, dans la province de Buenos Aires, il a suivi le parcours typique des pilotes sud-américains aspirant à l’Europe : karting, exil sportif précoce, catégories de promotion et progression constante vers les championnats internationaux.





Son arrivée chez Alpine a replacé l’Argentine dans le paysage contemporain de la Formule 1. Ce Road Show constituait donc davantage qu’un engagement marketing : il représentait un retour à la maison.
À plusieurs reprises, Colapinto lève la main hors du cockpit pour saluer la foule. Il ralentit volontairement devant certaines zones plus compactes. Il prend le temps d’observer les tribunes improvisées et les immeubles remplis de spectateurs.
Une relation immédiate avec le public
Le lien entre Colapinto et la foule s’est construit très rapidement. Contrairement à certaines démonstrations où les pilotes suivent un protocole strict, l’Argentin adopte une approche plus spontanée.






Les burnouts répétés, les passages appuyés et les gestes improvisés vers le public créent une interaction directe. Le Road Show cesse progressivement d’être une simple exhibition technique pour devenir un dialogue permanent entre un pilote et son pays.
Chaque accélération déclenche une réaction immédiate. Chaque freinage est accompagné de cris et d’applaudissements. Même à travers les barrières de sécurité, la proximité paraît inhabituelle.
Une mécanique poussée jusqu’à ses limites
À mesure que la journée avance, Franco Colapinto pousse davantage la Lotus E20. Les freinages deviennent plus appuyés, les pneus s’usent rapidement et l’on commence à voir apparaître des traces de gomme un peu partout sur le parcours.
La dernière sortie, vers 15 h 30, est clairement la plus intense. Le pilote enchaîne les accélérations, garde les donuts plus longtemps et semble oublier progressivement la retenue habituelle de ce type d’exercice.
Puis vient cette image qui a rapidement fait le tour des réseaux.



À la fin du run, une petite flamme apparaît à l’arrière de la monoplace. Rien de spectaculaire au sens dramatique, mais suffisamment visible pour figer l’attention du public. Les mécaniciens Alpine interviennent immédiatement avec des extincteurs.
Colapinto sort calmement du cockpit. Il ne semble ni inquiet ni surpris. Presque amusé.
Dans beaucoup d’événements promotionnels, tout paraît parfaitement contrôlé. Ici, cette petite part d’imprévu a paradoxalement rendu la journée plus crédible, plus vivante. Comme si la mécanique avait rappelé qu’elle n’était pas seulement là pour poser devant les caméras.
Buenos Aires teste sa capacité à accueillir la Formule 1
Le succès populaire du Road Show dépasse largement le cadre médiatique. Il offre également une démonstration grandeur nature de la capacité de Buenos Aires à organiser un événement automobile massif.
Les autorités locales n’ont pas tardé à évoquer un possible retour de la Formule 1. Jorge Macri, maire de la capitale, a publiquement indiqué que la modernisation de l’Autódromo Oscar y Juan Gálvez pourrait redevenir un projet stratégique.


Le soutien de partenaires privés, notamment Mercado Libre, ouvre également une perspective économique crédible. Dans une discipline où le financement joue un rôle central, l’existence d’un acteur local puissant représente un levier important.
Une passion intacte malgré vingt-huit ans d’absence
Ce Road Show rappelle surtout une évidence : la passion argentine pour le sport automobile n’a jamais disparu.
Elle attendait simplement un catalyseur contemporain. Franco Colapinto a rempli ce rôle en reconnectant la nouvelle génération à une discipline que le pays suivait encore à distance.
Pendant quelques heures, Buenos Aires n’a plus observé la Formule 1 derrière un écran. Elle l’a vécue au plus près, avec ses odeurs, son bruit, ses imperfections et son intensité.
Franco Colapinto :
« Waouh ! Quel sentiment incroyable de pouvoir piloter sur mes terres et surtout de partager cela avec autant de passionnés !
C’est tellement spécial de conduire une Formule 1 dans les rues de Buenos Aires, c’est sans doute l’un des plus beaux jours de ma vie. L’amour que les fans m’ont témoigné était tout simplement extraordinaire. Cet événement leur est dédié et j’espère qu’ils ont ressenti les mêmes émotions que moi.
Je tiens à remercier chaleureusement chacun d’entre eux pour leur présence, la magnifique ville de Buenos Aires, Mercado Libre, tous les partenaires ayant participé à l’événement ainsi que mes amis et collègues chez BWT Alpine Formula One Team pour leur aide précieuse dans l’organisation de cette démonstration. Et maintenant, cap sur Miami pour reprendre la compétition ! »
Le 26 avril 2026 ne restera pas uniquement comme une démonstration Alpine dans les rues de Buenos Aires. Cette journée a montré qu’un pays historiquement lié à la course automobile pouvait encore se mobiliser massivement autour de la Formule 1.
Entre le bruit du V8, l’hommage à Fangio, la proximité avec le public et l’incident mécanique final, le Road Show a pris une dimension bien plus organique que prévu.
Ce n’était pas seulement une opération de communication. C’était une démonstration d’identité sportive, un rappel de mémoire collective et, peut-être, le premier signal d’un retour plus ambitieux de la Formule 1 en Argentine.
Source : BWT Alpine Formula One Team



