Aux 6 Heures de Fuji 2025, théâtre de la 100e manche du WEC, l’histoire a basculé : Alpine a décroché sa première victoire en Hypercar avec l’A424.
La n°35, confiée à Charles Milesi, Ferdinand Habsburg et Paul-Loup Chatin, a transformé un départ chaotique en triomphe, offrant à la marque française un moment fondateur.
Cette victoire Alpine A424 Hypercar Fuji n’est pas seulement un résultat sportif : c’est la preuve éclatante que deux années de travail acharné, de doutes et d’apprentissages peuvent s’achever dans une explosion de joie au pied du Mont Fuji.
Alpine Endurance Team : Le Fuji Speedway, théâtre d’un basculement inattendu
Le Fuji Speedway a toujours eu un parfum particulier dans l’histoire de l’endurance. Son immense ligne droite de 1,5 km ouvre la porte aux dépassements les plus téméraires, tandis que ses enchaînements sinueux punissent la moindre approximation. Dimanche, dans l’ombre du volcan, il s’est transformé en théâtre d’une scène que tous chez Alpine attendaient depuis deux ans : la première victoire de l’A424 en catégorie Hypercar.
















Au bout de six heures animées, de pénalités et de neutralisations, Charles Milesi franchissait la ligne en tête, sous les yeux de ses coéquipiers Ferdinand Habsburg et Paul-Loup Chatin. Pour la marque de Dieppe, ce n’était pas seulement un succès de plus en sport automobile : c’était un jalon, une preuve, une récompense à la hauteur des sacrifices consentis depuis le lancement du programme. Et le symbole prenait encore plus de relief : cette victoire intervenait lors de la 100e course de l’histoire du WEC, comme si l’histoire avait choisi son moment.
Rien, pourtant, ne laissait présager un tel dénouement. Qualifiée neuvième, l’Alpine A424 n°35 s’est retrouvée piégée dès le premier quart d’heure. Habsburg, au milieu d’un peloton dense, accrochait la Toyota n°8. Le verdict tombait : avant-avant abîmé à remplacer et une pénalité de cinq secondes. La voiture dégringolait au-delà du top 15.
Dans les stands, les visages restaient fermés mais pas résignés. « Ce n’était pas la première fois que la course nous infligeait un coup dur », confiait plus tard un ingénieur. « Mais on savait que six heures, ça laisse toujours une chance si on reste dans le rythme. »
















Pendant ce temps, la voiture sœur n°36 remontait prudemment dans le top 10 grâce à un premier relais solide de Makowiecki. Mais elle aussi allait voir ses espoirs s’éteindre, percutée par une GT et pénalisée plus tard pour ce contact. La journée semblait prendre la tournure des précédentes, frustrantes et inachevées.
L’endurance aime les rebondissements. À mi-course, la BMW n°15 s’écrasait contre les barrières, provoquant une longue neutralisation. L’A424 n°35 avait eu la lucidité de plonger aux stands juste avant que la voiture de sécurité n’entre en piste. Ce choix, fruit d’une anticipation millimétrée, la replaçait soudain au deuxième rang, derrière la Peugeot n°93.
À ce moment précis, l’atmosphère changea dans le garage Alpine. Les radios se faisaient plus sèches, les regards plus intenses. La voiture était là, devant, à portée de main. Restait à transformer l’occasion en victoire.















Tout se joua à un peu plus d’une heure de l’arrivée. L’équipe devait décider : changer quatre pneus, comme tout le monde, ou tenter autre chose. L’option retenue n’avait rien de spectaculaire aux yeux du public, mais elle était d’une précision chirurgicale : remplacer seulement les gommes du côté gauche.
Pourquoi ? Parce qu’au Fuji Speedway, la fameuse longue courbe 100R use surtout ce flanc. Les ingénieurs savaient que les pneus droits, moins sollicités, pouvaient tenir. Résultat : un arrêt écourté de plusieurs secondes. Et Milesi ressortait devant la Peugeot.
Là commença une heure d’une intensité rare. Le Français devait contenir Jensen dans la Peugeot et Vanthoor, revenu comme un boulet de canon dans la Porsche. Derrière lui, ses rivaux se livraient une bataille féroce qui, paradoxalement, lui offrait un léger répit. Devant, il roulait comme un métronome, sans excès mais sans faille. Chaque tour devenait un compte à rebours.
Une revanche pour une équipe et pour Alpine
L’histoire avait comme un goût de revanche. En 2024, Alpine pensait tenir son premier podium avec l’A424 sur ce même circuit, avant qu’une pénalité tardive ne le lui arrache. Douze mois plus tard, la même équipe, les mêmes visages, se retrouvaient cette fois en haut du podium.









Pour Paul-Loup Chatin, l’émotion était double. Dix ans plus tôt, c’est déjà à Fuji qu’il avait signé son premier podium avec Alpine, à l’époque en LMP2. « Boucler la boucle ici, avec cette victoire, c’est particulier », glissait-il après l’arrivée, les yeux encore rougis.
Ferdinand Habsburg, lui, voyait s’effacer des mois de malchance, tandis que Charles Milesi savourait la première victoire de sa carrière en Hypercar, à seulement 23 ans. Le plus jeune du trio avait tenu son rôle de patron dans l’heure la plus tendue, gérant la pression avec un calme qui contrastait avec le vacarme des tribunes.
Peugeot terminait deuxième, offrant au public japonais une image inattendue : deux Hypercars françaises en tête, devant Porsche, Toyota, Ferrari et Cadillac. Un symbole fort, presque un clin d’œil à l’histoire des 24 Heures du Mans où les tricolores avaient souvent dicté leur loi.
Mais si ce podium aux couleurs bleu-blanc-rouge avait de quoi réjouir, la véritable histoire de Fuji restait celle d’Alpine. Parce que la marque dieppoise sortait enfin de l’ombre où elle avait été cantonnée depuis le lancement de l’A424. Parce qu’elle avait su trouver, dans la tempête des neutralisations et des pénalités, l’alignement parfait entre stratégie, rythme et sang-froid.






L’Alpine A424 n’est pas arrivée à ce niveau par miracle. Depuis sa présentation en 2023, elle a connu plus de frustrations que de joies : problèmes de batterie au Mans 2024, déboires mécaniques à São Paulo, occasions gâchées par des incidents de course. Mais chaque revers a servi de leçon.
Cette première victoire en WEC, c’est le produit d’une courbe d’apprentissage exigeante. Les ingénieurs de Viry-Châtillon ont repensé l’exploitation énergétique, les mécaniciens ont perfectionné les arrêts, et les pilotes ont participé activement au développement. « Ce n’est pas seulement une victoire, c’est une validation de deux ans de travail », résumait Nicolas Lapierre, directeur sportif d’Alpine, qui goûtait là à son premier succès dans ce rôle après avoir tant gagné en piste.




Bien sûr, Fuji a aussi souri à Alpine parce que d’autres ont trébuché. Toyota, à domicile, n’a jamais trouvé le rythme, terminant huitième au mieux. Ferrari, pourtant en lice pour le titre, a sombré hors du top 10, plombée par des erreurs et un manque de vitesse. Cadillac, partie en pole, s’est effacée au fil des tours.
Mais ce serait réducteur de dire qu’Alpine n’a fait que profiter des circonstances. Elle les a provoquées : en choisissant le bon moment pour ravitailler, en calculant son changement partiel de pneus, en maintenant un rythme constant là où d’autres s’effondraient. Fuji n’a pas offert sa victoire ; Alpine l’a construite, pièce par pièce.
Une victoire fondatrice tournée vers l’avenir
Au moment de la cérémonie du podium, Philippe Sinault ne cachait pas sa fierté. « Cette victoire, c’est celle de toute une équipe », répétait-il, comme pour rappeler que derrière les trois pilotes, il y a des dizaines de visages qui, depuis deux ans, travaillent loin des caméras.
Bruno Famin, directeur du programme sport chez Renault, allait plus loin : « Ce succès prouve que notre projet est solide. Dans un plateau aussi relevé, s’imposer dès la deuxième saison est un signal fort. » Dans les garages, certains avaient du mal à retenir leurs larmes. Pour beaucoup de mécaniciens et d’ingénieurs, ce Fuji restera la plus belle récompense de leur carrière.
La saison du WEC 2025 n’est pas terminée. Dans quelques semaines, Bahreïn accueillera la dernière manche. Alpine Endurance Team y arrivera avec un tout autre statut : celui d’un vainqueur reconnu. Les ambitions pour le titre ne sont pas réalistes cette année, mais l’élan est là. Et surtout, Fuji a montré que l’A424 avait le potentiel de viser régulièrement les avant-postes.




Plus loin, 2026 et l’évolution des règlements se profilent déjà. Alpine veut s’y présenter non pas comme un outsider chanceux, mais comme un concurrent crédible face à Porsche, Ferrari, Toyota et Cadillac. Fuji a été une première pierre, mais la maison reste à bâtir.
En remportant les 6 Heures de Fuji, Alpine a inscrit son nom dans deux histoires : celle du WEC, qui célébrait sa 100e course, et celle de sa propre renaissance, deux ans après avoir jeté les bases de l’A424.

Ce n’était pas un triomphe flamboyant, acquis par des dépassements héroïques ou des écarts abyssaux. C’était une victoire d’endurance dans ce qu’elle a de plus pur : la patience au départ, la lucidité dans le trafic, la précision dans les stands et la maîtrise sous pression.
Lorsque Charles Milesi a franchi la ligne, l’explosion de joie dans le stand Alpine n’était pas seulement celle d’une équipe qui gagne. C’était celle d’un collectif qui, enfin, voyait son travail reconnu au plus haut niveau. Et dans le vacarme des applaudissements, chacun savait que ce 28 septembre 2025 resterait une date fondatrice : celle où l’A424 est entrée dans l’histoire.
Conclusion
Cette victoire fait un bien fou. Elle récompense une écurie façonnée par Philippe Sinault, dont la constance et la rigueur finissent par payer au plus haut niveau. Elle tranche aussi avec les résultats moroses de la Formule 1, où Alpine peine au fond du classement, et replace le nom au A fléché sous un projecteur bien plus flatteur.












À Fuji, c’est tout un collectif qui a été mis en lumière : Signatech à Bourges, Viry-Châtillon pour le moteur, et tous les hommes de l’ombre qui depuis deux ans travaillent sans relâche. Les évolutions de fiabilité introduites en 2025 ont porté leurs fruits, et l’A424 a enfin pu exprimer son vrai potentiel.
Cette équipe est digne de porter le badge Alpine. Elle nous rend fiers. Elle est humble dans la victoire, déterminée dans l’adversité, et incarne cette école française de l’endurance qui ne cesse de surprendre. Ce retour au succès était attendu, il est amplement mérité, et il résonne comme une promesse : Alpine est de retour, et avec elle, un peu de la fierté française en sport automobile.
Classement
Classement des 6 Heures de Fuji 2025 (Hypercar)
| Pos. | Voiture | Équipe | Pilotes | Écart / Tours |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Alpine n°35 | Alpine Endurance Team | P. Chatin – F. Habsburg – C. Milesi | 202 tours |
| 2 | Peugeot n°93 | Peugeot TotalEnergies | P. Di Resta – M. Jensen – J. Vergne | +7’’682 |
| 3 | Porsche n°6 | Porsche Penske Motorsport | K. Estre – L. Vanthoor | +8’’167 |
| 4 | Porsche n°5 | Porsche Penske Motorsport | J. Andlauer – M. Jaminet | +16’’083 |
| 5 | Peugeot n°94 | Peugeot TotalEnergies | L. Duval – M. Jakobsen – S. Vandoorne | +18’’542 |
| 6 | Aston Martin n°009 | Aston Martin Thor Team | A. Riberas – M. Sorensen | +39’’761 |
| 7 | Cadillac n°12 | Cadillac Hertz Team JOTA | A. Lynn – N. Nato – W. Stevens | +43’’567 |
| 8 | Toyota n°7 | Toyota Gazoo Racing | M. Conway – K. Kobayashi – N. De Vries | +45’’031 |
| 9 | BMW n°20 | BMW M Team WRT | R. Rast – R. Frijns – S. Van der Linde | +50’’362 |
| 10 | Ferrari n°83 | AF Corse | R. Kubica – Y. Ye – P. Hanson | +58’’989 |
| 11 | Ferrari n°50 | Ferrari AF Corse | A. Fuoco – M. Molina – N. Nielsen | +1’10’’878 |
| 12 | Porsche n°99 | Proton Competition | N. Jani – N. Pino – N. Varrone | +1’14’’826 |
| 13 | Cadillac n°38 | Cadillac Hertz Team JOTA | E. Bamber – S. Bourdais – J. Button | 1 tour |
| 14 | Alpine n°36 | Alpine Endurance Team | J. Gounon – F. Makowiecki – M. Schumacher | 1 tour |
| 15 | Ferrari n°51 | Ferrari AF Corse | A. Pier Guidi – J. Calado – A. Giovinazzi | 1 tour |
| 16 | Toyota n°8 | Toyota Gazoo Racing | S. Buemi – B. Hartley – R. Hirakawa | 2 tours |
Championnat du Monde d’Endurance 2025 – Pilotes Hypercar
| Pos. | Pilotes | Points |
|---|---|---|
| 1 | Calado / Giovinazzi / Pier Guidi | 115 |
| 13 | Chatin / Habsburg / Milesi | 37 |
| 14 | Gounon / Makowiecki / Schumacher | 36 |
Championnat du Monde d’Endurance 2025 – Constructeurs Hypercar
| Pos. | Constructeur | Points |
|---|---|---|
| 1 | Ferrari | 204 |
| 5 | Alpine | 84 |
Ils ont dit
Équipage n°35
Ferdinand Habsburg
« C’est difficile de trouver les mots. Cette victoire arrive un an après avoir perdu un superbe résultat dans le sprint final. Cela montre à quel point nous avons su apprendre et rebondir ensemble. C’est tout simplement incroyable de gagner avec Charles et Paul-Loup, qui sont non seulement deux immenses pilotes, mais aussi deux amis.
Je leur dois beaucoup, car ils m’ont toujours soutenu, même dans les moments les plus compliqués. Je veux également remercier Philippe, Bruno et Nicolas d’avoir cru en nous, et toute l’équipe Alpine pour avoir rendu cela possible. Je visualisais notre première victoire depuis longtemps, et l’obtenir aujourd’hui en fait un rêve devenu réalité. »
Paul-Loup Chatin
« C’est une victoire magnifique et méritée. Cela avait pourtant mal commencé avec un contact, mais nous avons su rester patients et saisir les opportunités pour revenir dans le match. L’équipe a pris les bonnes décisions et chaque pilote a apporté sa pierre à l’édifice.
Cela fait plus de deux ans que nous travaillons ensemble, et aujourd’hui tout a payé. C’est notre première victoire ensemble, la première de l’Alpine A424. Dix ans après mon premier podium ici avec Alpine en LMP2, gagner à Fuji avec cette équipe a une saveur incroyable. Merci à Philippe et à toute l’équipe pour leur confiance et leur travail sans faille. »
Charles Milesi
« C’est difficile à croire, presque irréel… Après un début de course compliqué, deux pénalités et près d’un tour de retard, personne n’aurait imaginé un tel dénouement.
L’équipe a fait un travail incroyable, la voiture était performante et régulière, et la stratégie a fait toute la différence. Une neutralisation nous a relancés, puis le pari de ne changer que deux pneus nous a permis de prendre la tête face à la Peugeot et la Porsche.
Les derniers tours ont semblé interminables, mais le rythme était là et nous avons su gérer jusqu’au bout. C’est vraiment agréable de réussir ça aujourd’hui, avec mes équipiers depuis le développement de l’A424 dès 2023. Cette première victoire a donc une saveur vraiment particulière. »
Équipage n°36
Frédéric Makowiecki
« Le départ s’est plutôt bien passé puisqu’il n’y a pas eu de gros contact contrairement à l’an dernier.
J’ai essayé de rester calme et d’éviter les pièges. Nous avions un bon rythme une fois le peloton stabilisé et nous avons pu remonter progressivement. Nous avons choisi de conserver nos pneumatiques lors du premier arrêt sous le régime de la voiture de sécurité virtuelle.
C’était la chose à faire puisque nous avons gagné plusieurs positions tout en affichant le même rythme que ceux qui en avaient changé deux ou quatre. Cela aurait pu nous offrir un avantage sur la fin, mais la réussite nous a échappé par la suite. »
Jules Gounon
« Nous avons manqué de réussite à deux reprises. Nous n’avons pas pu rentrer à temps avant un full course yellow contrairement à la n°35 et nous avons été décrochés.
Pour mon deuxième arrêt, il faudra analyser si nous aurions pu faire un tour de plus, mais je pense que nous étions vraiment à la limite avec le carburant. Le sport automobile est parfois ainsi. Nous allons tout débriefer pour continuer d’apprendre et voir ce que nous pourrons faire de mieux la prochaine fois.
Félicitations à la voiture sœur qui a su tirer son épingle du jeu pour apporter une première victoire bien méritée à toute l’équipe. »
Mick Schumacher
« Nous avons montré que notre voiture était plus compétitive en rythme de course qu’en qualifications, et si nous avions pu rester dans le tour de tête, nous aurions eu de quoi viser un bon résultat.
Malheureusement, un contact nous a valu un drive-through infligé plus de deux heures après l’incident. Quand une sanction tombe si tard, il devient beaucoup plus difficile de réorganiser sa stratégie.
La voiture sœur a su tirer profit de circonstances favorables avec une neutralisation qui lui a permis de rentrer aux stands au bon moment alors que nous n’avons pas eu cette chance. C’est la réalité du sport automobile : parfois la réussite est de votre côté, parfois non. »
Philippe Sinault, Team Principal Alpine Endurance Team
« C’est une journée fantastique, et une immense fierté de célébrer la première victoire de l’Alpine A424. Nous savions que nous avions une bonne voiture sur la durée d’un relais, même si nous devons encore progresser sur la performance pure sur un tour.
La course a été chaotique dès le départ et il fallait rester lucide, saisir les opportunités, et c’est ce que nous avons fait avec deux choix stratégiques décisifs. C’était une décision réfléchie, et nos pilotes ont parfaitement géré pour concrétiser. Après trois épreuves compliquées, ce résultat prouve que nous n’avons jamais cessé de travailler dans un championnat extrêmement disputé.
Aujourd’hui, la récompense est là pour l’ensemble de l’équipe, et la n°35, qui avait connu beaucoup de malchance. La n°36 méritait mieux et a aussi montré son potentiel. C’est une magnifique récompense et je tiens à féliciter sincèrement chaque membre de l’équipe. »
Nicolas Lapierre, Directeur Sportif Alpine Endurance Team
« C’est une immense satisfaction. Il y a un an, je montais pour la dernière fois sur un podium en tant que pilote, et aujourd’hui, je vis ma première victoire comme directeur sportif. Nous savions que nous avions une bonne voiture, avec du rythme et une stratégie solide. L’équipe a fait un excellent choix en fin de course, et le travail a été effectué de manière remarquable.
Nous avons rapidement dû composer avec des pénalités et nous étions sur la défensive, mais nous avons réagi et frappé au bon moment avant de gérer jusqu’à l’arrivée. Cette victoire est importante. Nous avions bien commencé la saison avant des courses plus compliquées récemment. Ce rendez-vous à Fuji s’annonçait déterminant et le résultat est une bouffée d’oxygène qui récompense tout notre travail. Ce premier succès en Hypercar prouve que nous sommes capables de gagner à ce niveau.
L’objectif est désormais de conserver cette dynamique et de continuer à progresser pour nous battre plus régulièrement aux avant-postes, avec des ambitions toujours plus élevées. »
Bruno Famin, Directeur Motorsport Alpine
« Cette victoire est une immense satisfaction et récompense tout le travail accompli depuis le lancement du programme. Signer un tel résultat dès notre deuxième saison face à une concurrence de ce niveau, c’est extrêmement gratifiant pour toutes les personnes impliquées dans le projet.
La course n’avait pas débuté sous les meilleurs auspices, avec un contact et des pénalités qui nous ont vite placés dans une situation délicate. Une neutralisation bien exploitée nous a permis de nous replacer, et nous avons su saisir toutes les opportunités dans une épreuve particulièrement animée. La deuxième partie a été beaucoup plus stratégique, avec des choix forts, comme le pari de ne changer que deux pneus lors du dernier arrêt.
C’était risqué face à des adversaires qui avaient chaussé quatre gommes neuves, mais Charles a su contenir la pression et préserver l’avantage. Nous avons choisi de viser la victoire plutôt que de jouer placés, et cela a payé. C’est une victoire collective, le fruit de l’engagement de tous, et elle nous fait énormément de bien. »
Source : Alpine Endurance Team



