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Alpine Endurance Team n’a pas cherché à faire illusion ce vendredi à Imola. Elle a simplement déroulé. Et c’est précisément ce qui retient l’attention. Dans un peloton Hypercar historiquement serré, les A424 ont aligné deux séances sans accroc, avec une montée en puissance logique entre le matin et l’après-midi. Rien de spectaculaire en apparence — mais beaucoup d’éléments qui confirment que le travail engagé en 2024 et consolidé en 2025 arrive à maturité.
Le contexte compte : Ferrari évolue à domicile, Toyota reste une référence, et derrière, chaque constructeur semble capable de se glisser dans la même seconde. Dans ce cadre, Alpine ne surjoue pas. Elle s’installe.
Une FP1 appliquée, sans dispersion
La première séance ne prête pas aux conclusions hâtives. Piste encore fraîche, adhérence évolutive, deux neutralisations rapides : les conditions imposent de structurer plutôt que d’attaquer.
Alpine Endurance Team exécute parfaitement ce scénario. La #35 trouve rapidement un rythme stable, avec Charles Milesi auteur du meilleur tour de l’équipage en 1:32.692, dès le début de séance. Le tour est propre, sans trafic, sans excès. Ferdinand Habsburg et António Félix da Costa enchaînent dans des chronos proches, signe d’une voiture lisible.

La #36 suit une logique similaire, avec un programme légèrement plus orienté vers les relais. Frédéric Makowiecki signe le meilleur temps en 1:33.091, mais l’essentiel est ailleurs : aucun incident, aucun passage par les stands non prévu, aucune dégradation visible.
Dans un peloton où Ferrari verrouille les trois premières positions, Alpine place la #35 en 8e position, à moins d’une seconde. La #36 est plus loin, mais reste dans le même groupe étendu. La base est là.
FP2 : une exploitation plus franche des conditions
L’après-midi ouvre un autre chapitre. La piste s’améliore nettement, les stratégies changent, et les simulations qualification apparaissent dès les premières minutes.
Alpine choisit ce moment pour exploiter pleinement la fenêtre.

Charles Milesi signe un 1:30.898 au début de la séance. Un tour net, construit dans une piste dégagée, qui place la #35 en tête. Le chrono ne doit pas être isolé de son contexte — pneus tendres, timing favorable — mais il valide un point important : la A424 est capable de convertir une opportunité en performance.
Derrière, Toyota et Ferrari restent immédiatement au contact. Les écarts sont minimes, la hiérarchie reste mouvante.
La #36, avec Jules Gounon en 1:31.538, confirme une tendance déjà vue le matin : moins dans le pic de performance, mais solidement installée dans le groupe de tête. Aucun écart notable entre les pilotes, aucun passage difficile dans le trafic.
Une lecture qui dépasse les chronos
Ce vendredi ne livre pas une hiérarchie, mais il donne des repères clairs.
Alpine coche des points essentiels :
- aucune erreur opérationnelle
- aucun incident en piste
- un kilométrage élevé et linéaire
- des écarts pilotes maîtrisés
- deux voitures dans la bonne zone
Surtout, la progression entre FP1 et FP2 est logique, sans rupture. La #35 passe de la gestion à l’exploitation, la #36 reste constante. Rien n’est forcé.
Ferrari conserve une base très solide, notamment sur les relais plus longs. Toyota est immédiatement dans le rythme. Peugeot, BMW et Cadillac restent proches.
Dans ce contexte, Alpine ne domine pas le week-end. Elle s’y inscrit pleinement.
La #35 peut viser une place en Hyperpole si l’exécution reste propre. La #36 apparaît bien positionnée pour un top 10 en qualifications.
Classements Hypercar
FP1 – Top 10 :
| Pos | Voiture | Temps |
|---|---|---|
| 1 | #83 Ferrari | 1:31.739 |
| 2 | #50 Ferrari | +0.023 |
| 3 | #51 Ferrari | +0.243 |
| 4 | #38 Cadillac | +0.444 |
| 5 | #94 Peugeot | +0.511 |
| 6 | #93 Peugeot | +0.611 |
| 7 | #8 Toyota | +0.741 |
| 8 | #35 Alpine | 1:32.692 |
| 9 | #20 BMW | +1.041 |
| 10 | #007 Aston Martin | +1.111 |
FP2 – Top 10 :
| Pos | Voiture | Temps |
|---|---|---|
| 1 | #35 Alpine | 1:30.898 |
| 2 | #7 Toyota | +0.114 |
| 3 | #50 Ferrari | +0.138 |
| 4 | #51 Ferrari | +0.189 |
| 5 | #94 Peugeot | +0.327 |
| 6 | #20 BMW | +0.456 |
| 7 | #83 Ferrari | +0.482 |
| 8 | #007 Aston Martin | +0.534 |
| 9 | #36 Alpine | +0.640 |
| 10 | #8 Toyota | +0.714 |
En perspective
Ce n’est que le vendredi. Les niveaux de carburant, les stratégies et les véritables intentions restent partiellement masqués. Mais dans cet exercice, Alpine ne laisse rien au hasard.
Pas de déclaration inutile. Pas d’effet de manche. Juste une équipe qui exécute proprement, avec une voiture désormais comprise.
C’est souvent ainsi que commencent les week-ends solides en endurance.
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Crédits photos: Alpine Endurance Team



