36 Gounon Jules (Fra), Makowiecki Frédéric (Fra), Martins Victor (Fra), Alpine Endurance Team, Alpine A424 #36, Hypercar, Action During The 6 Hours Of São Paulo, 4Th Round Of 2026 Fia World Endurance Championship, From July 10 To 12, 2026 In Sao Paulo, Brazil - Photo Mch Photography 36 Gounon Jules (Fra), Makowiecki Frédéric (Fra), Martins Victor (Fra), Alpine Endurance Team, Alpine A424 #36, Hypercar, Action During The 6 Hours Of São Paulo, 4Th Round Of 2026 Fia World Endurance Championship, From July 10 To 12, 2026 In Sao Paulo, Brazil - Photo Mch Photography

Alpine Endurance Team : deux crevaisons privent l’A424 du top 5 à São Paulo

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Trois semaines après le rideau des 24 Heures du Mans, Alpine Endurance Team retrouvait le bitume brésilien pour la quatrième manche du Championnat du Monde d’Endurance FIA, disputée du 10 au 12 juillet sur l’Autódromo José Carlos Pace.

Un rendez-vous à part : première épreuve extra-européenne de la saison, circuit vallonné aux virages en dévers et aux freinages exigeants, et surtout terrain de revanche pour une équipe qui y avait longtemps peiné (10e en 2024, 9e en 2025).

Devant environ 85 000 spectateurs venus soutenir les couleurs locales, les deux Alpine A424 allaient livrer l’un des week-ends les plus frustrants — et pourtant les plus prometteurs — de leur saison.

Un vendredi qui annonçait déjà la couleur

Dès les premiers essais libres, le ton était donné. La n°36 pointait 5e lors de la FP1, la n°35 6e en FP2, avant que la séance du samedi matin ne vienne confirmer que l’A424 avait franchi un palier sur ce tracé qui lui avait longtemps résisté. En FP3, Victor Martins signait purement et simplement le meilleur chrono de la catégorie Hypercar, en 1’24.038, devançant la Genesis n°19 de 165 millièmes — un top 10 resserré dans à peine cinq dixièmes. Charles Milesi, sur la n°35, complétait le tableau avec un 7e temps.

Ce rythme se confirmait en Hyperpole. Pour sa toute première apparition dans l’exercice cette saison, Victor Martins égalait le meilleur résultat de qualification de l’A424 en s’élançant 3e, à 67 millièmes seulement de la pole position décrochée par Will Stevens sur la Cadillac Jota n°12 — les V-Series verrouillant d’ailleurs l’intégralité de la première ligne avec la n°38 de Jack Aitken.

Charles Milesi, à 60 millièmes de plus, prenait le 5e rang sur la n°35, séparé de Martins par la seule BMW n°15 de Dries Vanthoor. Quatre voitures, trois constructeurs, moins d’un dixième les séparant : un tableau extraordinaire, et une confirmation qu’Alpine se positionnait comme le premier challenger des Cadillac.

Alpine Endurance Team : Une course d’échecs jouée sur le fil

Le départ, donné dimanche en fin d’après-midi sur une piste encore marquée par les averses nocturnes, tournait immédiatement au piège pour les Bleus. Ferdinand Habsburg, sur la n°35, concédait six places dès le premier tour côté humide de la piste ; Frédéric Makowiecki, sur la n°36, reculait au 4e rang. Face à ce déficit, les deux équipages activaient d’entrée la carte du short-fuel : des arrêts plus courts et plus fréquents pour gagner de la position sur piste et rouler en air propre, quitte à sacrifier de l’autonomie sur la fin. Une stratégie décalée, calquée sur celle qui avait porté ses fruits pour BMW à Spa quelques semaines plus tôt.

Le pari trouvait un allié inattendu : les avaries en cascade chez Cadillac. Devant, la pole position de Will Stevens tenait bon pendant l’heure d’ouverture — 4,359 secondes d’avance sur Magnussen au terme des soixante premières minutes — avant que le premier cycle d’arrêts ne tourne au chaos pour les V-Series.R. Stevens perdait un temps précieux sur un écrou de roue avant droite resté coincé au stand ; sur la n°38, Earl Bamber bloquait ses freins en rentrant dans la zone d’arrêt, contraignant les mécaniciens à se repositionner en urgence. Cette double défaillance ouvrait un boulevard aux voitures décalées, Alpine en tête.

Au cœur de la course, António Félix da Costa prenait les commandes de la n°35 et s’installait en tête, tenant la dragée haute à Raffaele Marciello pendant l’essentiel des troisième et quatrième heures. Le rapport de force s’inversait brièvement à l’entame de la cinquième heure : Marciello passait au virage 4, mais sortait large en complétant sa manœuvre, ce qui permettait au Portugais de reprendre l’avantage sous les acclamations du public brésilien. L’Allemande ne reprenait finalement la tête qu’au ravitaillement de la n°35, cédée à Charles Milesi — un répit qui profitait aussi à Alessandro Pier Guidi, revenu à deux secondes de Marciello avec la Ferrari n°51 pendant cette bataille rapprochée.

Milesi n’en avait pourtant pas fini. À la relève de Dries Vanthoor sur la BMW, le Français profitait de son tour de sortie pour reprendre la position. Mais la n°35, toujours décalée sur sa stratégie, se retrouvait alors face à un dilemme : compléter la course avec un ultime complément d’essence, ou gérer le carburant de façon si agressive qu’elle en perdrait le rythme. C’est une crevaison lente à l’arrière droit qui tranchait le débat à sa place, à quarante minutes du drapeau à damier, contraignant l’équipage à un arrêt non planifié et refermant définitivement la fenêtre de tir vers la victoire.

La n°36 sortait du combat bien plus tôt et pour une raison différente. D’abord pénalisée pour une infraction lors d’un arrêt aux stands impliquant Victor Martins, elle essuyait ensuite sa propre crevaison lente, à l’avant gauche cette fois, qui l’évacuait purement et simplement de la lutte pour le top 5. Deux crevaisons, deux voitures, deux moments de course distincts — mais un seul et même verdict.

Le scénario qui aurait pu sauver la mise n’est jamais arrivé : sur les six heures de course, la direction de course n’aura déployé qu’une seule Full Course Yellow, et aucune voiture de sécurité. Or c’était précisément ce type d’interruption qu’Alpine espérait pour rentabiliser son pari du départ et boucler la course sans ravitaillement supplémentaire. Sans elle, la stratégie décalée ne pouvait se concrétiser jusqu’au bout, quel que soit le rythme affiché en piste.

Vanthoor reprenait alors une tête tranquille, à distance confortable de James Calado — qui avait lui aussi entamé son ultime relais en économie de carburant, l’empêchant de revenir dans la lutte pour la victoire. Devant, Will Stevens sauvait malgré tout le podium pour Cadillac, non sans une pénalité supplémentaire encaissée en fin de course pour un contact avec la Lexus n°87.

Les deux Alpine franchissaient la ligne dans le tour du leader — 10e et 11e, un résultat qui, sur ce seul critère de position, ne dit presque rien de la course qu’elles avaient menée.

Le classement Hypercar complet

Pos.VoitureÉquipageÉcart
1BMW n°15Magnussen / Marciello / Vanthoor—
2Ferrari n°51Pier Guidi / Calado / Giovinazzi+2,254 s
3Cadillac n°12Stevens / Nato+6,687 s
4Cadillac n°38Bamber / Bourdais / Aitken+12,666 s
5Ferrari n°83Ye / Kubica / Hanson+32,351 s
6Aston Martin n°007Tincknell / Gamble+35,566 s
7Ferrari n°50Fuoco / Molina / Nielsen+39,952 s
8BMW n°20Frijns / Rast / Van der Linde+40,047 s
9Aston Martin n°009Riberas / Sørensen+45,523 s
10Alpine n°35Félix da Costa / Milesi / Habsburg+56,996 s
11Alpine n°36Makowiecki / Gounon / Martins+1:17,818

Onze voitures ont terminé dans le tour du vainqueur — du jamais-vu sur ce tracé, qui n’avait encore jamais été remporté par une voiture partie en dehors de la première ligne.

Un championnat qui reste totalement ouvert

Malgré un résultat décevant à São Paulo (12e pour le n°7, 17e pour le n°8), Toyota conserve la tête du championnat constructeurs à la mi-saison, mais l’avance fond : le losange japonais ne devance plus BMW que de 5 points, contre 36 points d’écart avant la manche brésilienne. Ferrari, à 70 points, s’éloigne de la lutte pour le titre.

Côté Alpine, l’équipage n°35 (Félix da Costa/Milesi/Habsburg) abordait São Paulo au 5e rang provisoire du championnat pilotes avec 28 points, dans un mouchoir de sept points regroupant six équipages. Le point marqué à Interlagos le porte à 29 unités avant la reprise à Austin — la lutte pour le milieu de tableau du championnat reste extrêmement serrée.

Ce que ça change pour le programme A424

Ce week-end confirme que l’A424 2026 a franchi un cap en termes de rythme et de cohérence, même sur un circuit où elle peinait historiquement. Le package permet désormais de viser régulièrement le top 5 quand tout s’aligne — qualifications, stratégie et absence de pépins mécaniques.

Les données collectées sur la gestion pneumatique et les stratégies décalées seront précieuses avant la reprise post-pause estivale à Austin (Circuit of The Americas, 4-6 septembre).

L’objectif affiché par Philippe Sinault et Nicolas Lapierre reste clair : placer les deux voitures dans le top 5 de manière plus régulière sur la seconde moitié de saison.

Ce qu’ils en ont dit

Équipage n°35

António Félix da Costa

« C’est un résultat décevant vu notre potentiel. Nous avions le rythme pour nous battre pour le podium. Après un départ compliqué, nous avons opté pour une stratégie différente, un pari qui aurait pu s’avérer payant puisque nous étions virtuellement en lutte pour la victoire.

Il nous a manqué un brin de réussite pour aller au bout et la crevaison a anéanti nos dernières chances. Nous devons finalement nous contenter de la dixième place. Malgré cela, il y a beaucoup de positif à retenir de ce week-end. Notre capacité à réagir collectivement et à prendre des décisions stratégiques est encourageante. Retenons donc ces enseignements avant de nous tourner vers Austin. »

Charles Milesi

« C’était une course difficile. Nous avons choisi de tenter un pari sur la stratégie, mais la réussite n’était pas de notre côté avec cette crevaison sur la fin. Nous avons également rencontré quelques soucis, notamment avec le freinage.

Nous avons à certains moments le potentiel de jouer de beaux résultats, mais il nous manque encore un peu de régularité pour pouvoir nous battre régulièrement aux avant-postes. Nous verrons bien ce que la fin de saison nous réserve, mais nous allons continuer à travailler et à nous battre jusqu’au bout. »

Ferdinand Habsburg

« Le point positif de ce week-end est que nous avions le rythme pour nous battre aux avant-postes pendant toute la course. Je pense que notre niveau de performance sur la durée des relais était même une belle surprise par rapport à l’an passé. C’est donc très encourageant de voir les progrès accomplis. De mon côté, je suis déçu de mon départ.

J’ai commis un peu trop d’erreurs, mais j’ai réussi à exploiter pleinement la voiture une fois la piste dégagée. L’équipe a réalisé un excellent travail pour m’accompagner et cela s’est reflété dans notre prestation. Dommage que nos derniers espoirs se soient envolés avec la crevaison, car nous aurions aimé pouvoir aller au bout de notre stratégie. Nous repartons toutefois avec des points au terme d’un week-end très encourageant. »

Équipage n°36

Frédéric Makowiecki

« C’était une épreuve compliquée dans l’ensemble. Je pense que nous avions une bonne voiture et le début de course s’est bien passé. J’ai commis une petite erreur lors de mon premier arrêt en me positionnant légèrement trop à gauche, ce qui a perturbé la suite.

Le choix de conserver nos pneumatiques nous a également placés dans une situation difficile par la suite. Malgré cela, je pense que nous avons démontré un bon niveau de performance, mais le résultat ne dépend pas uniquement de cela puisque l’exécution est cruciale. »

Jules Gounon

« C’était une course difficile de notre côté et nous terminons malheureusement aux portes du top dix. Nous avons affiché un rythme solide et nous avions les moyens de signer un bon résultat, mais plusieurs problèmes nous ont retardés, avec notamment un souci sur la voiture puis une crevaison.

C’est forcément décevant compte tenu de notre potentiel ce week-end, mais le sport automobile est parfois ainsi. Nous allons désormais tout analyser pour revenir plus forts et rebondir dès Austin. »

Victor Martins

« C’était une course très difficile, mais nous avons connu des débuts encourageante. Nous avions un bon rythme pour rester au contact des leaders et nous étions clairement dans la lutte pour le podium.

La crevaison nous a fait perdre beaucoup de temps et nous avons dû décaler notre stratégie. Nous avons également rencontré un problème sur la voiture, ce qui a rendu la suite particulièrement compliquée. Dans ces conditions, je pense que nous avons fait le maximum avec les moyens à notre disposition. »

Management

Nicolas Lapierre, directeur sportif Alpine Endurance Team

« Le résultat d’aujourd’hui est décevant. Nous n’avons pas réussi à concrétiser notre potentiel alors que le rythme affiché par l’A424 était assez solide pour viser un bien meilleur classement à l’arrivée. Les deux crevaisons, une sur chaque voiture, ont également compromis nos stratégies et nous ont empêchés de jouer nos cartes jusqu’au bout.

C’est dommage, car nous avions les moyens de faire mieux. Nous devons retenir les éléments positifs de ce week-end, notamment la performance globale de la voiture et les progrès réalisés sur ce tracé où nous avions souffert l’an passé, et continuer à avancer pour revenir plus forts à Austin. »

Philippe Sinault, Team Principal Alpine Endurance Team

« Ce n’était pas une journée facile, même si nous avions montré un rythme solide d’entrée de jeu. Sur la n°36, nous avons été mis en difficulté avec la dégradation des pneumatiques dès le deuxième relais. Nous avons décidé d’adapter notre stratégie en anticipant un arrêt pour retrouver un excellent niveau de performance. C’était le cas avec des chronos très compétitifs à la clé. Hélas, la crevaison de Victor a mis fin à nos espoirs de bon résultat.

Du côté de la n°35, le début de course a été plus compliqué, notamment en raison du trafic. Nous avons alors pris le risque de décaler notre stratégie. Cela nous a permis de revenir dans la lutte aux avant-postes, mais une crevaison dans la dernière heure a également compromis les ambitions de l’équipage avant même un éventuel ravitaillement éclair. Nous repartons forcément frustrés du Brésil, car le potentiel de l’A424 était clairement là et les positions finales ne reflètent pas notre véritable niveau.

Nous devons maintenant analyser tous les éléments afin de continuer à progresser dans tous les domaines. Nous avons montré que nous étions dans le match et nous allons poursuivre notre travail pour revenir plus forts à Austin. »

Source : Alpine Endurance Team et classement officiel complet et standings mis à jour : fiawec.com

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