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Alpine Endurance Team repart de Spa-Francorchamps avec un goût d’inachevé difficile à ignorer. Car durant trois jours, les A424 ont affiché un niveau de performance rarement observé depuis l’arrivée du constructeur français dans la catégorie Hypercar. Mais samedi soir, le classement final ne raconte plus cette domination aperçue depuis jeudi.
Le week-end belge avait pourtant pris une tournure particulièrement encourageante.
Un doublé lors des essais libres 2. Une voiture incisive dans les secteurs rapides. Une deuxième ligne verrouillée en Hyperpole. Et surtout, un rythme de course suffisamment solide pour installer les deux prototypes dans la lutte aux avant-postes durant une bonne partie des 6 Heures.
Puis Spa a rappelé ce qu’il demeure, même à l’ère Hypercar : un circuit capable de faire basculer une course en quelques minutes.
Les neutralisations répétées, les stratégies décalées, le trafic LMGT3 et plusieurs incidents ont progressivement fait disparaître les ambitions d’un résultat majeur pour Alpine Endurance Team. La n°35, longtemps dans le bon wagon stratégique, a vu ses espoirs s’effondrer après une série d’événements dans la seconde moitié de course. La n°36, plus discrète mais plus propre, a limité les dégâts dans une épreuve devenue extrêmement agressive.
Pour autant, réduire le week-end de l’Alpine Endurance Team à son classement final serait passer à côté de l’essentiel.
Sur les 7,004 kilomètres de Spa-Francorchamps, l’Alpine A424 a montré un vrai changement de stature. La voiture paraît désormais beaucoup plus stable dans les grandes courbes rapides, plus constante sur les relais longs et surtout capable de maintenir un niveau de performance élevé dans des conditions de piste changeantes.
Face à un plateau Hypercar devenu extraordinairement dense, où quelques dixièmes seulement séparent Ferrari, Cadillac, BMW, Toyota, Peugeot ou Porsche, Alpine a cessé d’apparaître comme une structure en construction. À Spa, la marque française a roulé avec le rythme d’une équipe capable de jouer devant.
Et à l’approche des 24 Heures du Mans, ce constat vaut probablement davantage que les points inscrits samedi soir.
Essais libres : Alpine pose les bases d’un week-end référence
Spa-Francorchamps a toujours été une jauge intéressante pour les prototypes d’endurance. Le circuit belge récompense autant l’efficacité aérodynamique que la stabilité à haute vitesse, l’équilibre mécanique et la gestion pneumatique. C’est aussi un tracé qui ne pardonne rien : Eau Rouge-Raidillon, Blanchimont ou Pouhon exposent immédiatement les faiblesses d’un prototype.
Dès les premières minutes du week-end, les Alpine A424 ont pourtant donné une impression très différente de celle aperçue au début du programme Hypercar.
L’équipe française est arrivée en Belgique avec deux voitures visiblement plus mûres.








Une FP1 prudente mais déjà prometteuse
Le jeudi matin, la première séance d’essais libres débute sur une piste encore légèrement humide. Les chronos restent logiquement élevés, tandis que les équipes travaillent surtout sur les réglages de base et les températures pneumatiques.
Malgré ces conditions piégeuses, les deux Alpine se montrent immédiatement compétitives.
Frédéric Makowiecki place la n°36 au troisième rang avec un tour en 2:03.523, tandis qu’António Félix da Costa hisse la n°35 en cinquième position avec un chrono de 2:03.753.
Au-delà des temps, plusieurs éléments attirent rapidement l’attention dans le paddock :
- la stabilité des A424 dans le deuxième secteur ;
- la vitesse de passage impressionnante dans Blanchimont ;
- et surtout la vitesse de pointe observée en ligne droite.
Makowiecki est flashé à près de 315 km/h, preuve du travail effectué sur l’efficience aérodynamique.








Classement FP1 Hypercar (Top 5)
| Position | Voiture | Pilote | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Ferrari #50 | Antonio Fuoco | ~2:04.3xx |
| 2 | Aston Martin #009 | Alex Riberas | +0.xxx |
| 3 | Alpine #36 | Frédéric Makowiecki | 2:03.523 |
| 4 | Ferrari #83 | — | +0.xxx |
| 5 | Alpine #35 | António Félix da Costa | 2:03.753 |
Les relais sont déjà consistants, sans chute brutale des chronos. Chez Michelin, certains observateurs notent discrètement la bonne exploitation des gommes par Alpine sur les longs relais.
Le signal est faible, mais réel.








FP2 : le premier grand coup d’éclat de l’A424
Jeudi après-midi, la piste sèche complètement. Et soudain, Alpine change de dimension.
La deuxième séance d’essais libres restera probablement comme l’un des moments fondateurs du programme Hypercar de la marque française.
Pendant 90 minutes, les deux A424 dominent les débats.
Jules Gounon signe un impressionnant 2:01.816 sur la n°36, seul pilote sous les 2:02. Charles Milesi suit immédiatement avec la n°35 en 2:02.090.
Pour la première fois depuis l’introduction de l’ère Hypercar en WEC, une équipe place ses deux voitures aux deux premières places d’une séance officielle.
Et ce doublé n’a rien d’un artifice.
Les chronos ne viennent pas d’un tour isolé obtenu avec peu d’essence ou une stratégie agressive. Alpine impressionne surtout par la régularité de ses relais.
La voiture paraît saine dans tous les secteurs.
Dans les portions rapides, l’A424 semble enfin libérée. La plateforme aérodynamique reste stable dans Eau Rouge, tandis que le train arrière conserve une remarquable motricité dans les relances lentes de La Source ou Bruxelles.








Classement FP2 Hypercar
| Position | Voiture | Pilote | Temps | Tours |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Alpine #36 | Jules Gounon | 2:01.816 | 30 |
| 2 | Alpine #35 | Charles Milesi | 2:02.090 | 30 |
| 3 | BMW #20 | Sheldon van der Linde | +0.363 s | — |
| 4 | Aston Martin #009 | Marco Sørensen | +0.xxx | — |
| 5 | BMW #15 | Dries Vanthoor | +0.xxx | — |
Le gain de performance par rapport à la FP1 est spectaculaire : près de deux secondes.
Dans les stands concurrents, le regard sur Alpine change.
Ferrari apparaît plus prudente. Toyota travaille surtout ses longs relais. Cadillac reste discrète. Mais dans les observateurs techniques du championnat, une conclusion commence à émerger : l’A424 possède désormais un vrai potentiel de qualification.








FP3 : validation du rythme de course
Vendredi matin, la dernière séance libre est perturbée par plusieurs périodes de Full Course Yellow provoquées par des débris.
Le classement brut importe moins que le travail effectué.
Alpine utilise cette heure de roulage pour valider ses simulations de course, les procédures Safety Car et différents scénarios de pneumatiques.
La n°35 reste dans le top 8, tandis que la n°36 termine également dans le top 10.
Les trois pilotes de chaque équipage roulent longuement.
Du côté de la voiture n°35, Charles Milesi confirme son excellente pointe de vitesse sur un tour. António Félix da Costa travaille davantage les relais chargés en carburant. Ferdinand Habsburg, lui, se montre particulièrement constant dans le trafic LMGT3.
Sur la n°36, Makowiecki apporte son expérience de gestion du trafic et des relances, tandis que Jules Gounon continue d’afficher un rythme extrêmement agressif. Victor Martins découvre encore certains automatismes du WEC mais progresse rapidement.




Bilan global des essais Alpine
| Session | Meilleure Alpine | Temps | Position |
|---|---|---|---|
| FP1 | #36 Makowiecki | 2:03.523 | 3e |
| FP2 | #36 Gounon | 2:01.816 | 1er |
| FP3 | #35 | Non communiqué | Top 8 |
En additionnant les roulages des deux voitures, Alpine dépasse les 165 tours parcourus sans problème majeur.
Fiabilité solide.
Vitesse de pointe élevée.
Usure pneumatique maîtrisée.
À ce stade du week-end, l’équipe française apparaît déjà comme un candidat crédible au podium.
Qualifications : Charles Milesi place Alpine au sommet
Le vendredi après-midi, Spa retrouve ses airs de grand théâtre.
La température de piste descend légèrement. Les tribunes commencent à se remplir. Et la densité du plateau Hypercar promet une séance extrêmement serrée.
En WEC, la qualification Hypercar se déroule en deux temps :
- une session qualificative classique ;
- puis l’Hyperpole réservée aux dix meilleurs.
Alpine aborde cette séance avec une pression nouvelle.
Après le doublé de la FP2, impossible désormais de se cacher.




Une qualification parfaitement exécutée
Charles Milesi prend le volant de la n°35. Jules Gounon pilote la n°36. Très rapidement, les Alpine se montrent à nouveau redoutables.
Charles Milesi réalise un superbe tour en 2:00.808 et signe le meilleur chrono de la session. Gounon place la seconde voiture au troisième rang en 2:01.039.
Le Français de la n°35 impressionne particulièrement dans le deuxième secteur.
Son tour est propre, agressif mais sans excès. La progression des chronos démontre une montée en température parfaitement maîtrisée des Michelin.
Classement Qualifications Hypercar
| Position | Voiture | Pilote | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Alpine #35 | Charles Milesi | 2:00.808 |
| 2 | Peugeot #94 | Malthe Jakobsen | 2:01.023 |
| 3 | Alpine #36 | Jules Gounon | 2:01.039 |
| 4 | Ferrari #50 | Antonio Fuoco | 2:01.181 |
| 5 | Peugeot #93 | Stoffel Vandoorne | 2:01.210 |
| 6 | Cadillac #12 | Will Stevens | 2:01.239 |
| 7 | BMW #15 | Dries Vanthoor | 2:01.356 |
| 8 | Aston Martin #009 | Marco Sørensen | 2:01.448 |
| 9 | Cadillac #38 | Jack Aitken | 2:01.458 |
| 10 | Aston Martin #007 | Harry Tincknell | 2:01.563 |
Entre la première et la dixième place, moins de huit dixièmes.
Le niveau du championnat Hypercar atteint désormais une densité rarement vue dans l’histoire récente de l’endurance. Mais Alpine est devant.
Et ce simple constat aurait semblé presque irréaliste quelques mois plus tôt.
Hyperpole : la deuxième ligne la plus rapide du plateau
Quelques minutes plus tard, l’Hyperpole vient refermer une séance qualificative déjà extrêmement dense. L’exercice reste l’un des plus exigeants du FIA WEC : deux tours de mise en température, une seule tentative réellement exploitable et aucune marge d’erreur sur un circuit aussi long et technique que Spa-Francorchamps.
Peugeot hausse alors nettement le rythme avec Malthe Jakobsen, rapidement rejoint par la Cadillac de Will Stevens dans la lutte pour la pole. Alpine, toutefois, reste pleinement dans le match.
Charles Milesi extrait un remarquable 2:00.731 de l’A424 n°35, à seulement 78 millièmes de la pole position, tandis que Jules Gounon complète la deuxième ligne avec un solide 2:00.838 au volant de la n°36.




Classement Hyperpole Hypercar
| Position | Voiture | Pilote | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Peugeot #94 | Malthe Jakobsen | 2:00.653 |
| 2 | Cadillac #12 | Will Stevens | 2:00.696 |
| 3 | Alpine #35 | Charles Milesi | 2:00.731 |
| 4 | Alpine #36 | Jules Gounon | 2:00.838 |
| 5 | Cadillac #38 | Jack Aitken | 2:00.940 |
Dans le paddock, cette performance confirme surtout l’évolution très nette observée autour du programme Alpine depuis plusieurs mois.
La deuxième ligne décrochée à Spa ne ressemble ni à un exploit isolé, ni à une qualification opportuniste dans des conditions particulières. Les deux A424 ont affiché de la vitesse durant tout le week-end, avec une constance rarement observée jusque-là sur ce type de tracé.
Le contraste avec les débuts du programme Hypercar reste d’ailleurs saisissant. Là où Alpine cherchait encore de la stabilité et une fenêtre de fonctionnement claire il y a quelques mois, l’équipe française s’est présentée à Spa avec une voiture capable de rivaliser naturellement avec Ferrari, Cadillac, BMW ou Peugeot sur un exercice aussi exigeant que l’Hyperpole.
Course : un potentiel podium englouti dans le chaos des Ardennes
Samedi, Spa-Francorchamps retrouve une météo plus clémente. Sous un ciel enfin stable, plus de 100 000 spectateurs assistent à une course qui s’annonce particulièrement serrée, avec un plateau Hypercar compressé en quelques dixièmes seulement.
Cette densité va rapidement transformer les 6 Heures de Spa en une épreuve tendue, hachée par les neutralisations, les stratégies divergentes et un trafic permanent entre Hypercar et LMGT3.





Un début de course très solide
Les deux Alpine s’installent immédiatement dans le groupe de tête dès l’extinction des feux, confirmant que la vitesse aperçue depuis les essais libres n’était pas simplement liée à un tour de qualification. Frédéric Makowiecki maintient la n°36 au contact direct des Ferrari et des Cadillac, tandis que la n°35 reste parfaitement placée dans le bon wagon stratégique.
Très vite, l’A424 se montre particulièrement efficace dans le trafic LMGT3, un point loin d’être anodin sur une piste aussi exigeante que Spa. La voiture conserve une excellente stabilité dans les changements d’appui rapides et affiche de très bonnes phases de relance en sortie de trafic.



Durant les premiers double-stints, Alpine reste constamment dans la lutte aux avant-postes. La n°35 apparaît même virtuellement dans le match pour le podium selon les différentes séquences de ravitaillement, portée par la régularité de Charles Milesi et les relais particulièrement propres de Ferdinand Habsburg.
Dans l’autre stand, Makowiecki apporte toute son expérience dans la lecture du trafic et la gestion des neutralisations, permettant à la n°36 de rester solidement ancrée dans le groupe de tête pendant une bonne partie de l’épreuve.
BMW change la physionomie de la course
À la mi-course, BMW fait basculer l’équilibre stratégique des 6 Heures de Spa avec une séquence parfaitement exécutée sur la n°20. L’équipe allemande choisit d’anticiper son ravitaillement afin de se replacer idéalement en cas de neutralisation, un pari risqué mais redoutablement efficace sur un tracé où les Safety Cars redistribuent rapidement toute la hiérarchie.
Les différentes interventions de la voiture de sécurité viennent ensuite complètement compacter le peloton et replacent la BMW dans une position idéale pour contrôler la course. À partir de cet instant, le ton change nettement en piste. Les écarts disparaissent, les relances deviennent beaucoup plus agressives et le trafic LMGT3 transforme chaque dépassement en exercice à haut risque.
Dans ce contexte extrêmement tendu, Spa retrouve sa réputation de juge impitoyable : la moindre approximation dans le trafic, la moindre remise en température compliquée ou un simple décalage stratégique suffisent désormais à faire basculer une course.
Le tournant du week-end Alpine
Le tournant du week-end intervient après une relance particulièrement tendue. António Félix da Costa, alors au cœur de la bataille dans le groupe de tête, perd brutalement l’arrière de la n°35 dans Eau Rouge-Raidillon sur des pneumatiques encore difficiles à mettre en température.
L’Alpine part en tête-à-queue à très haute vitesse avant de toucher les barrières. La voiture parvient à repartir, mais les dégâts à l’avant compromettent immédiatement toute perspective de podium.
Quelques dizaines de minutes plus tard, un nouvel incident vient compliquer la situation.




Dans Kemmel, Félix da Costa défend agressivement sa position face à l’Aston Martin #009.
Alex Riberas se retrouve dans l’herbe et termine violemment dans les barrières.L’incident provoque une nouvelle neutralisation et une pénalité pour l’Alpine.
Sur les réseaux sociaux, les images du contact circulent immédiatement. Certains défendent l’agressivité du Portugais dans un contexte de course extrêmement tendu. D’autres estiment la manœuvre excessive.
Dans tous les cas, le débat devient l’un des sujets majeurs du week-end.
La n°36 sauve les points
Dans l’autre stand, la n°36 traverse la course de manière plus discrète mais aussi beaucoup plus maîtrisée. Jules Gounon conserve un rythme solide dans le trafic, Victor Martins poursuit son apprentissage du WEC sans erreur majeure et Frédéric Makowiecki maintient l’A424 dans le top 10 malgré les multiples neutralisations.
L’Alpine termine finalement dans les points, à un peu plus de trente secondes des leaders.
Une arrivée finalement bien maigre au regard du niveau affiché depuis jeudi.
Mais aussi une preuve supplémentaire que l’A424 est désormais capable d’évoluer dans le groupe de tête.




Classement final Hypercar – Top 12
| Position | Voiture | Équipage |
|---|---|---|
| 1 | BMW #20 | Frijns / Rast / Van der Linde |
| 2 | BMW #15 | Magnussen / Marciello / Vanthoor |
| 3 | Ferrari #50 | Fuoco / Molina / Nielsen |
| 4 | — | — |
| 5 | — | — |
| 6 | — | — |
| 7 | — | — |
| 8 | — | — |
| 9 | — | — |
| 10 | Toyota #8 | Buemi / Hartley / Hirakawa |
| 11 | Alpine #36 | Makowiecki / Gounon / Martins |
| 12 | Alpine #35 | Félix da Costa / Milesi / Habsburg |
Le regard du paddock : Alpine a changé de statut
C’est sans doute le principal enseignement de ce week-end belge.
Malgré un résultat final largement inférieur au potentiel aperçu depuis les essais libres, Alpine a laissé à Spa l’impression d’une équipe désormais capable de se mêler durablement au groupe de tête en Hypercar.
Le constat s’est progressivement imposé au fil des relais.
L’A424 ne s’est pas contentée de signer un tour spectaculaire en qualifications ou de profiter de circonstances favorables. La voiture a affiché de la vitesse sur l’ensemble du week-end, dans des conditions de piste variées, avec des relais longs consistants et une vraie stabilité dans les portions les plus exigeantes du circuit.
À Spa, les progrès aérodynamiques apparaissaient particulièrement visibles dans le deuxième secteur. Les deux Alpine semblaient beaucoup plus sereines dans les grandes compressions, avec une plateforme nettement plus stable dans Eau Rouge-Raidillon et un comportement plus précis dans les appuis rapides comme Blanchimont.
La gestion des pneumatiques Michelin a également marqué une évolution importante. Les relais perdaient moins en performance et les variations de température de piste semblaient moins perturber l’équilibre général de la voiture qu’en début de saison.
Autour du paddock, beaucoup ont également retenu la manière dont Alpine est restée dans le match stratégiquement malgré les multiples neutralisations. Longtemps, la n°35 évoluait même dans la bonne fenêtre pour viser le podium avant que la course ne bascule définitivement.
Cette impression générale explique aussi le sentiment dominant observé samedi soir autour du stand français.





Il restait évidemment beaucoup de regrets après une course qui semblait pouvoir offrir bien davantage. Mais il y avait surtout la confirmation que l’A424 possède désormais une base technique suffisamment solide pour envisager les grandes échéances avec davantage d’ambition.
À Spa, Alpine n’a pas réussi à convertir son niveau de performance en résultat de référence.
Mais le week-end belge a confirmé une tendance déjà visible depuis plusieurs mois : l’A424 est désormais une Hypercar capable de se battre régulièrement dans le groupe de tête. La victoire décrochée à Fuji en 2025 avait déjà marqué un tournant dans la montée en puissance du programme, mais Spa a apporté une confirmation importante sur un profil de circuit totalement différent, beaucoup plus exigeant sur le plan aérodynamique et dans la gestion des pneumatiques.
Ce qui manquait encore à l’équipe il y a quelques mois — constance, confiance dans les relais longs, stabilité à haute vitesse — semble progressivement devenir une base de travail solide.
Spa comme répétition grandeur nature avant Le Mans
Au moment de quitter les Ardennes belges, Alpine ne pouvait évidemment pas se satisfaire d’un simple top 10 au regard du niveau affiché pendant trois jours. Car derrière un classement final presque sévère dans sa lecture brute, les A424 ont probablement signé à Spa leur week-end le plus consistant depuis le début de cette campagne 2026.
Dès jeudi matin, les deux prototypes français se sont installés dans le rythme des références du plateau Hypercar. Puis il y eut ce doublé en FP2, loin d’être anecdotique sur un circuit aussi révélateur que Spa-Francorchamps. La performance n’avait rien d’un coup ponctuel ou d’une tentative opportuniste sur piste favorable. Alpine a roulé vite partout : dans les longues courbes du deuxième secteur, dans les phases de compression, en vitesse de pointe comme sur les relais longs.
Surtout, l’A424 a donné une impression de maîtrise rarement observée jusque-là. La voiture semblait désormais parfaitement exploitée dans sa fenêtre aérodynamique, avec un équilibre beaucoup plus sain dans les portions rapides et une gestion pneumatique nettement plus aboutie. À Spa, où les variations de température et l’état de piste punissent immédiatement les prototypes mal équilibrés, les Alpine sont restées performantes du premier roulage jusqu’à l’Hyperpole.
La deuxième ligne décrochée vendredi soir venait finalement confirmer une tendance visible depuis le début du week-end. Charles Milesi et Jules Gounon n’ont pas placé les A424 devant par hasard ; les deux voitures avaient tout simplement le rythme pour se battre avec Ferrari, Cadillac, BMW ou Peugeot.
C’est précisément ce qui rend l’issue de la course aussi difficile à résumer à travers le seul classement final.
Pendant une bonne moitié des 6 Heures, Alpine est restée dans le bon wagon stratégique. La n°35 évoluait même dans une fenêtre particulièrement intéressante avant que la succession de neutralisations ne rebattent complètement les cartes. Mais Spa demeure l’un de ces circuits où une course peut basculer en quelques minutes. Les quatre Safety Cars, un trafic LMGT3 extrêmement agressif et plusieurs relances sous tension ont progressivement transformé l’épreuve en exercice de survie.






À ce jeu-là, l’Alpine n°35 a fini par sortir du scénario idéal. Une remise en température délicate, une erreur dans Eau Rouge-Raidillon, des dégâts, puis une pénalité : en endurance moderne, il ne faut parfois que quelques tours pour voir disparaître un résultat construit pendant des heures.
La n°36, plus discrète mais plus linéaire dans son déroulé, a au moins permis à l’équipe de rester dans les points. Mais là encore, l’impression générale dépassait largement le résultat comptable.
Depuis plusieurs mois, le programme Hypercar d’Alpine semble avoir changé de dimension. Les évolutions apportées à l’A424 apparaissent désormais pleinement assimilées et, surtout, la voiture conserve son niveau de compétitivité lorsque les courses deviennent désordonnées. C’est souvent là que se mesure la maturité réelle d’un programme d’endurance.
Spa représentait à ce titre un test particulièrement révélateur avant les 24 Heures du Mans. Historiquement, le tracé belge reste l’un des meilleurs indicateurs de performance avant la Sarthe tant les exigences se ressemblent : vitesse moyenne élevée, trafic permanent, nécessité de préserver les pneumatiques tout en restant agressif dans les phases de relance.
Dans ce contexte, Alpine sort de Belgique avec des certitudes bien plus importantes que le simple résultat final. Les équipages possèdent l’expérience nécessaire des grandes courses d’endurance, tandis que la structure dirigée par Philippe Sinault paraît aujourd’hui beaucoup plus sereine dans sa lecture stratégique et sa gestion opérationnelle.
Évidemment, tout n’est pas encore parfait. Spa a rappelé qu’une voiture rapide ne garantit jamais un résultat en Hypercar lorsque les neutralisations fragmentent la course et que la pression augmente dans le trafic. Mais les difficultés rencontrées ce week-end ressemblent davantage à des incidents de course qu’à des limites profondes du projet.
Et c’est probablement ce qui ressort le plus clairement de cette manche belge.
Alpine n’a pas quitté Spa avec le résultat qu’elle pouvait légitimement espérer. En revanche, l’équipe française repart avec la confirmation que l’A424 possède désormais les qualités fondamentales d’une voiture capable de viser très haut au Mans : de la vitesse, de la constance et, surtout, une vraie crédibilité face aux références actuelles du FIA WEC.
Ils ont dit :
Équipage n°35
António Félix da Costa
« C’est une fin décevante pour un week-end pourtant prometteur. Nous n’étions pas les plus rapides en piste, mais nous avons su exécuter une course propre et solide, en nous battant dans le top cinq jusqu’aux trente dernières minutes. Malheureusement, j’ai commis une erreur en pneus froids à la relance.
Je tiens à m’excuser auprès de toute l’équipe Alpine Endurance Team qui travaille sans relâche jour et nuit pour nous fournir une voiture compétitive. Aujourd’hui, la responsabilité me revient entièrement. J’en suis désolé. Retenons les points positifs en vue de la suite, à commencer par les 24 Heures du Mans. »
Charles Milesi
« Ce n’était clairement pas une course facile. Les quatre premières heures étaient plutôt bonnes, mais nous avons ensuite semblé un peu moins performants que nos concurrents. Plusieurs éléments ne nous ont pas été favorables, notamment sur la stratégie thermique.
Nous avons connu des hauts et des bas ce week-end, mais il y a aussi des aspects véritablement positifs à retenir. Nous savons précisément sur quoi travailler pour préparer au mieux les 24 Heures du Mans. »
Ferdinand Habsburg
« Je pense que nous méritions un meilleur résultat compte tenu de notre niveau de performance affiché. Nous avons réalisé une très bonne première moitié de course. L’équipe faisait du très bon travail et nous étions constamment dans le bon groupe, avec un rythme solide.
Tout semblait parfaitement se dérouler, mais nous nous sommes retrouvés entraînés dans des situations compliquées lorsque la course est devenue plus mouvementée. C’est frustrant, mais nous avons tout simplement manqué de réussite et il nous a fallu prendre davantage de risques pour tenter de revenir. Cela n’efface toutefois pas les nombreux points positifs à retenir de ce week-end. »
Équipage n°36
Frédéric Makowiecki
« C’était une course compliquée. Nous avons montré un très bon niveau de performance tout au long du week-end. Nous avons bien travaillé en équipe et nous pouvons être fiers des progrès accomplis depuis Imola.
Malheureusement, les choses n’ont simplement jamais tourné en notre faveur. Cela fait partie de l’endurance, mais il est important de retenir le positif. Nous devons continuer à travailler dans la bonne direction, car je suis convaincu que cela portera ses fruits en vue du Mans. »
Jules Gounon
« C’était une course très difficile pour nous. Nous avons manqué de réussite sur plusieurs interventions de la voiture de sécurité virtuelle, ce qui a clairement influencé notre résultat final.Nous devons maintenant analyser précisément ce que nous aurions pu mieux faire. Malgré cela, je tiens à remercier toute l’équipe pour son travail tout au long du week-end. Nous allons tirer les leçons de cette course et revenir plus forts au Mans. »
Victor Martins
« Nous avons bien travaillé sur la communication, la stratégie et l’exécution en réussissant à contrôler tout ce que nous pouvions. Nous avons cependant manqué de réussite avec deux voitures de sécurité virtuelles qui sont tombées au mauvais moment pour nous.À chaque fois, cela a compromis nos possibilités de revenir dans le match alors que nous pensions pouvoir regagner du terrain. Cela fait partie du jeu et nous allons analyser tout cela pour rebondir au Mans. »
Management
Nicolas Lapierre, directeur sportif Alpine Endurance Team
« Nous sommes bien évidemment déçus de terminer à ces positions-là, surtout après notre très belle prestation en qualifications.
Nous espérions clairement un meilleur résultat au vu de notre niveau de performance ce week-end. Malheureusement, quelques petites erreurs dans des moments clés nous ont coûté très cher et ne nous ont pas permis d’être en position de nous battre lorsque le peloton s’est resserré en fin d’épreuve. C’est frustrant, mais ce type de course nous aide aussi à identifier précisément les points à améliorer. Il nous reste désormais moins d’un mois pour préparer les 24 Heures du Mans, notre objectif principal de la saison. »
Philippe Sinault, Team Principal Alpine Endurance Team
« C’est un résultat difficile à accepter, car nous n’avons pas été récompensés du travail accompli tout au long du week-end. Nous étions clairement en mesure de jouer un podium, voire davantage à deux heures de l’arrivée. Les deux voitures avaient le potentiel pour terminer dans le top cinq et cet objectif était honnêtement réalisable au regard de notre performance.
La voiture de sécurité a mis un coup dur aux ambitions de la n°35 et nous avons perdu deux positions en étant gênés par un retardataire à la relance. Nous nous sommes alors retrouvés exposés dans le peloton alors que nous maîtrisions notre course jusque-là. Puis il y a eu l’incident d’António, dont les dégâts ont définitivement compromis notre résultat. La n°36 a connu une épreuve un peu plus compliquée.
La première voiture de sécurité virtuelle nous coûte cher puisque nous étions aux stands à ce moment. Nous avons cédé du terrain et il était extrêmement difficile de remonter dans un plateau aussi resserré. Malgré la frustration, il y a énormément de points positifs à retenir, à commencer par notre rythme et notre compétitivité.
Nous devons maintenant nous remobiliser pour bien préparer le rendez-vous le plus important de la saison, les 24 Heures du Mans, et nous roulerons dès la semaine prochaine en essais au Castellet. »
Résultat – TotalEnergies 6 Heures de Spa-Francorchamps 2026
| Position | Voiture | Équipage |
|---|---|---|
| 1 | BMW M Team WRT n°20 | Frijns / Rast / Van der Linde |
| 11 | Alpine Endurance Team n°36 | Gounon / Makowiecki / Martins |
| 12 | Alpine Endurance Team n°35 | Da Costa / Habsburg / Milesi |
Championnat du Monde d’Endurance FIA WEC – Pilotes Hypercar
| Position | Équipage | Points |
|---|---|---|
| 1 | Frijns / Rast | 35 pts |
| 10 | Da Costa / Habsburg / Milesi | 12 pts |
| 18 | Gounon / Makowiecki / Martins | 0 pt |
Championnat du Monde d’Endurance FIA WEC – Constructeurs Hypercar
| Position | Constructeur | Points |
|---|---|---|
| 1 | BMW | 59 pts |
| 5 | Alpine | 14 pts |
Source : Alpine Endurance Team




Alpine va changer l’´état d’esprit des adversaires qui devront maintenant se méfier du A fléché avec leur performances améliorées et en hausse
Ils n’auront ( la concurrence) qu’a bien se tenir dorénavant