BWT Alpine Formula One Team s’est heurtée à une nouvelle réalité brutale sur les rives du Saint-Laurent. Là où jadis Renault brillait avec Robert Kubica (2008) ou, plus loin encore, Jean-Pierre Jabouille aux débuts du turbo, l’écurie française peine désormais à s’extirper du ventre mou du peloton.
Ce Grand Prix du Canada 2025 l’a rappelé avec insistance : pas de points, des choix stratégiques sans effet, et une frustration palpable dans les garages comme dans les cockpits.
BWT Alpine Formula One Team : Premiers virages sans miracle
Le vendredi avait pourtant commencé sous des auspices raisonnables. Pierre Gasly, avec un 9e temps lors des EL1, montrait que l’A525 pouvait, sur un tour clair, se positionner au cœur du peloton. Mais dès la deuxième séance, les lacunes sont apparues.
Le Français évoquait une marge de progression limitée par des écarts infimes dans le peloton. Colapinto, de son côté, rencontrait d’importantes difficultés à faire confiance à une monoplace instable dans les virages lents. Il pointait notamment un manque de connexion entre le châssis et la piste, une sensation essentielle pour performer sur ce type de tracé.
Les relais avec beaucoup d’essence laissaient toutefois entrevoir un comportement plus prévisible, base de travail pour la suite.




Qualifications inversées : Colapinto en éclaireur
Le samedi a réservé une surprise d’ampleur. Si Gasly semblait en mesure de passer en Q2, un drapeau rouge est venu interrompre son tour rapide au pire moment. Sur sa dernière tentative, le manque d’adhérence a plombé ses espoirs. Un problème de fenêtre de fonctionnement des pneumatiques tendres l’a condamné à une élimination prématurée.
Franco Colapinto, en revanche, a su rebondir. Plus à l’aise, plus incisif, l’Argentin a réussi à exprimer son potentiel et celui de la voiture pour signer un chrono solide, transformé en top 10 sur la grille grâce aux pénalités infligées à d’autres pilotes. Une dynamique encourageante pour un rookie encore en phase d’apprentissage.




Dimanche d’ombres et de freins
Dimanche, la course allait offrir un résumé cruel des difficultés d’ensemble. Pierre Gasly, victime d’un changement de configuration technique nécessitant un départ depuis la voie des stands, a tenté une stratégie alternative en débutant la course en pneus durs. Hélas, il s’est rapidement retrouvé englué dans le trafic, sans possibilité de tirer parti de son rythme en air libre. Le déficit de vitesse en ligne droite a rendu les dépassements laborieux.
Pierre Gasly :
« Nous avons beaucoup de choses à analyser après la course d’aujourd’hui. Cela s’annonçait difficile en partant de la voie des stands après des changements tactiques apportés à la monoplace sous le régime du parc fermé. Nous avons essayé quelque chose de différent avec la stratégie, mais l’après-midi a finalement été frustrante puisque nous étions bloqués derrière des voitures et nous avions du mal en ligne droite pour dépasser.
Nous devons viser plus haut sur la grille de départ, car nous pouvons clairement être beaucoup plus compétitifs avec une meilleure position de piste. Je pense que notre rythme était correct dans l’air propre, mais nous sommes malheureusement restés trop longtemps coincés dans le trafic. Nous allons nous remobiliser et viser un meilleur week-end en Autriche. »
Pour Franco Colapinto, le départ depuis la cinquième ligne avait offert une opportunité que le jeune pilote a su saisir dans les premiers tours en remontant. Mais la stratégie adoptée par l’équipe, combinée à un manque de réussite avec la Safety-Car, l’a empêché de capitaliser. Il manquait ce soupçon de rythme pour aller chercher le top 10, bien que le comportement de la monoplace ait été jugé satisfaisant dans certaines phases de la course.
Franco Colapinto :
« C’était un après-midi difficile pour nous, et certainement pas celui que nous attendions ou voulions. Nous étions bien placés en partant depuis la dixième place et j’ai pris un bon départ pour dépasser quelques concurrents au premier tour. Bien sûr, l’objectif alors était de marquer des points et nous avons manqué d’un brin de réussite sur la stratégie et dans le trafic, ce qui a impacté notre course.
Je pense que la voiture avait un bon rythme aujourd’hui et nous devons comprendre ce que nous pouvons mieux faire la prochaine fois. C’est un circuit très difficile, nous nous attendions à ce que cela soit compliqué pour nous, donc nous pouvons clairement retirer du positif de certains moments du week-end. Je suis satisfait de mes progrès tout au long du week-end malgré le résultat final et je veux poursuivre sur cette lancée en Autriche. »




Le tableau noir des performances
L’Alpine A525 a souffert de son instabilité chronique sur les freinages et les relances en virage lent, typiques du tracé canadien. Malgré des kilomètres engrangés (125 tours cumulés en EL), les gains attendus ne se sont pas concrétisés le dimanche.
| Séance | Pierre Gasly | Franco Colapinto |
|---|---|---|
| Essais Libres 1 | 9e (1’13″817) | 19e (1’14″645) |
| Essais Libres 2 | 12e (1’12″874) | 18e (1’13″898) |
| Essais Libres 3 | 12e (1’12″684) | 17e (1’13″060) |
| Qualifications | 20e (1’12″667) | 12e (1’12″142) |
| Course | 15e (1’14″993) | 13e (1’16″076) |
Dernier appel avant la sortie de piste ?
BWT Alpine Formula One Team quitte Montréal avec l’amertume d’un potentiel mal exploitable. Le duo Gasly-Colapinto, malgré des efforts sincères et quelques améliorations visibles, n’a pas réussi à transformer l’essai.
Les lacunes de la monoplace, conjuguées à des choix stratégiques hasardeux, rappellent à quel point chaque détail pèse lourd dans un peloton ultra-compact. Il faudra faire mieux en Autriche.
La saison 2025 est encore longue, mais chaque week-end sans point rend la mission plus périlleuse. Reste à trouver l’étincelle.
Source : BWT Alpine Formula One Team




Je souhaite voir les deux Alpine dans les points pour le grand prix d’Autriche.
Bon courage à toute l’équipe